L'homme est un être social qui ne peut pas vivre seul et ne peut pas se résumer à son travail ou à sa consommation.
L'homme est un être social qui ne peut pas vivre seul et ne peut pas se résumer à son travail ou à sa consommation.
L'homme est un être social qui ne peut pas vivre seul et ne peut pas se résumer à son travail ou à sa consommation. ©Getty - Yagi Studio
L'homme est un être social qui ne peut pas vivre seul et ne peut pas se résumer à son travail ou à sa consommation. ©Getty - Yagi Studio
L'homme est un être social qui ne peut pas vivre seul et ne peut pas se résumer à son travail ou à sa consommation. ©Getty - Yagi Studio
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Résumé

Tout seul ? Comme tout le monde

avec :

Matthieu Chaigne (Directeur associé à BVA Nudge Unit et enseignant au Celsa Sorbonne Université).

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L’altération du lien social serait l’un des grands dangers de l’époque et la solitude - son premier effet collatéral - la cause de bien des maux. Problèmes de santé mentale et de santé physique des individus, mais aussi désagrégation de la société, de la démocratie… Ce repli sur soi que les experts - sociologues, politologues, soignants - observent à la loupe depuis deux ans, s’inscrit en réalité dans un temps beaucoup plus long et dans un mouvement général aux raisons aussi structurelles qu’intimes. Selon le baromètre des solitudes publié par la Fondation de France en janvier 2021, le sentiment d’isolement serait fortement accru pour certains d’entre nous. Mais qu’est-ce que la solitude en 2022 ? Un état psychologique, une émotion, un mode de vie, subis pour les uns, choisis pour les autres ? Quels sont les effets - positifs et négatifs - de la solitude sur nos vies quotidiennes et sur la société ?

À lire aussi : Penser la solitude

Matthieu Chaigne est l’auteur d’un récent essai paru aux Editions de l’Aube, intitulé La Fabrique des solitaires. Une analyse inquiète de nos solitudes contemporaines et des raisons de ce repli général et un plaidoyer optimiste pour une société moins solitaire et plus solidaire.

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Je crois qu'il y a deux définitions de la solitude. Il y a d'abord une solitude objective qui est analysée, calculée par la Fondation de France. Elle va demander aux gens quel est le nombre de contact qu'ils ont avec les différentes sphères, avec de la famille, avec des amis, avec des collègues, avec des voisins. Et les chiffres de la fondation de France montrent depuis dix ans un développement, un accroissement de l'isolement relationnel. On est passé de 9% des Français, qui étaient touchés par l'isolement relationnel, à plus de 24% post pandémie. Donc de façon très objective les Français vivent aujourd'hui plus seuls, sont plus solitaires. (...).  

L'existence se fonde d'abord à travers le regard des autres. Quand celui-ci n'est plus présent, quand on ne rencontre plus des gens qui nous regardent, qui nous parlent, notre existence tout simplement n'existe plus. Notre existence est éliminée. 

40% des personnes célibataires disent "mon entourage me juge anormal(e)". C'est pas parce qu'on n'est pas en couple qu'on vit seul(e). Il y a des personnes qui dorment seul(e)s lorsqu'elles sont célibataires, mais il n'y a pas une corrélation entre la solitude et le fait d'être célibataire. Il y a des célibataires qui ont une sociabilité foisonnante. 

Références

L'équipe

Béline Dolat
Production
Seham Boutata
Collaboration
François Caunac
Réalisation