Tétines accrochées à un mur avec des étiquettes de prénom - Westend61
Tétines accrochées à un mur avec des étiquettes de prénom - Westend61
Tétines accrochées à un mur avec des étiquettes de prénom - Westend61
Publicité
Résumé

A la fois outil d’identification officielle et objet de mode, difficile aujourd’hui, d’échapper à notre prénom.

avec :

Baptiste Coulmont.

En savoir plus

Ce n’est qu’à la Révolution et avec la laïcisation de l’Etat civil que le terme « prénom » se substitue au « nom de baptême » ou « petit nom », que le concept juridique de prénom est inventé. A partir de 1803 et par la loi du 11 germinal an XI, le choix du prénom en France passe sous contrôle étatique, seuls sont autorisés les prénoms du calendrier et ceux des personnages historiques. 

219 ans plus tard, le candidat Eric Zemmour en fait un sujet de campagne et appelle au rétablissement de cette loi modifiée, allégée en 1966 puis 1993, soulignant de fait, l’enjeu politique du prénom. A la fois outil d’identification officielle et objet de mode, difficile aujourd’hui, d’échapper à notre prénom. De l’école à la vie professionnelle, en passant par la maison et nos identités numériques, il est utilisé partout et à tous moments. Il signe notre singularité autant que notre appartenance à un groupe social. Il envoie des informations sur notre âge, nos origines, notre sexe. Il est pour les parents, un moyen d’expression, un symbole soumis à l’évolution des goûts et des tendances et… de plus en plus détaché des logiques familiales de transmission. Enfin le prénom, aux confluents de la sphère privée et de la sphère publique, est aujourd’hui au cœur des problématiques de genre et de discrimination. 

Publicité

Quel usage faisons-nous de notre prénom ? Pourquoi et comment certains en changent-ils ? Le prénom définit-il précisément qui nous sommes, d’où nous venons et où nous allons ?

Invité : Baptiste Coulont. Professeur de sociologie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris-Saclay, il est l’auteur d’un ouvrage intitulé La Sociologie des prénoms dont il publie une troisième édition réactualisée aux Editions de la Découverte. Il a publié des chroniques « Le Nom des gens », dans le journal Le Monde et créé un outil numérique qui permet de visualiser la position sociale des prénoms et son évolution.  

Au XIXe siècle on utilisait le prénom que dans la famille très restreinte. Je me souviens d'un texte qu'on trouve dans le grand dictionnaire de Pierre Larousse où il dit "en tête à tête appeler une femme par son prénom c'est lui faire une déclaration"...

La connotation des prénoms ne dure pas dans le temps... Et donc Kevin, prénom dénigré par les classes supérieures, donné aux enfants de classes populaires, ça risque de pas durer éternellement. 

Références

L'équipe

Béline Dolat
Production
François Caunac
Réalisation
Seham Boutata
Collaboration