France Culture
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Elle touche le spectateur même s’il ignore tout de la culture dogon. Les seins marqués, l’allongement des bras, le léger mouvement des jambes, la lèvre inférieure saillante, prolongée par un ornement, les pigments rouges qui caractérisent non seulement une stylisation bien identifiable, témoignage d’un art accompli – les Dogons sculptent depuis le Xe siècle –, mais aussi la patte d’un artiste.

Maître de la maternité rouge
Maître de la maternité rouge
© Radio France

Comme les historiens de l’art l’ont fait par exemple pour les peintres siennois du xive siècle, dont l’identité s’est perdue et qu’on appelle encore les "primitifs siennois", c’est un nom de convention qui désigne le sculpteur. Le "maître de la maternité rouge" : il est possible de lui attribuer d’autres oeuvres dans des musées ou collections privées. Sur le plateau dogon, comme dans la Toscane du Moyen Âge, on peut écrire une histoire de l’art avec ses styles, ses périodes, ses centres de diffusion des formes…

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"Maître de la maternité rouge", sculpture du plateau dogon, Mali, xive siècle. Bois, pigments. H. 75 cm. Œuvre acquise par Maurice Nicaud en 1954, anciennes collections de Maurice Nicaud et de Hubert Goldet. Musée du quai Branly, acquis par dation en paiement de droits de succession, 1999, en dépôt au musée du Louvre, pavillon des Sessions, Inv. 70. 1999.9.3.

Bibliographie :

  • André Malraux, La Tête d’obsidienne , Paris, Gallimard, 1974.
  • Vincent Bouloré, "Maître de la maternité rouge", dans Sculptures. Afrique, Asie, Océanie, Amériques , sous la direction de Jacques Kerchache, Paris, RMN/ musée du quai Branly, 2001, p. 90.

- Dogon : Origines et Esthétique de la sculpture dogon , exposition au musée du quai Branly, avril-juillet 2011, cat. exp. sous la direction d’Hélène Leloup, Paris, Musée du quai Branly/ Somogy éditions d’art, 2011.

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