Famille Cordier : "Le pont du danger"

Louis et Pauline Cordier, et leurs enfants Georges et Simone
Louis et Pauline Cordier, et leurs enfants Georges et Simone - © Yad Vashem / collection privée
Louis et Pauline Cordier, et leurs enfants Georges et Simone - © Yad Vashem / collection privée
Louis et Pauline Cordier, et leurs enfants Georges et Simone - © Yad Vashem / collection privée
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C’est l’histoire de la famille Cordier, originaire de La Varenne-Saint-Hilaire dans le Val-de-Marne. En 1942, Louis est directeur d’école, Pauline, sa femme, est retraitée, et leurs deux enfants adultes, Simone et Georges, vivent encore au domicile parental. Une histoire racontée par Carla Bruni.

Originaires de Pologne, les Waintraub eux, sont arrivés en France en 1929. Ils vivent à Montreuil avec leurs deux fils, Jean et Simon. Lorsque la guerre éclate en 1939, Jacques Waintraub s’engage comme volontaire dans l’armée française. Quand il est fait prisonnier à Baumholder, sa femme et ses deux enfants restent à Montreuil, pensant que leur statut de famille de prisonnier les protégera des persécutions antisémites. Ils sont pourtant convoqués au commissariat.
Mme Waintraub entretient de très bonnes relations avec une commerçante du quartier qui, devant l’urgence de la situation, la met en relation avec la famille Cordier de La Varenne-St-Hilaire, un soir d’hiver fin 1942.

"Je m’étais rendue compte tout de suite que la France était déjà partagée en idées. Et moi, j’avais le cœur serré : je me disais comment vont être mes parents ? De quel côté ?…. Papa m’a dit : J’écoute la radio anglaise ! Ahhh ! Qu’est- ce que j’ai été soulagée. J’ai dit : Bon, ça va. On va s’entendre tous." Simone Cordier

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Ainsi, les Cordier ont choisi leur camp. Pauline Cordier obtient que Jean Waintraub, alors âgé de 12 ans puisse poursuivre sa scolarité au lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés. Ils essayent, dans la mesure du possible, de faire mener aux frères Waintraub une vie "normale". En 1944, leurs oncles paternels, responsables d’un refuge pour les Juifs à Cazaubon dans le Gers viennent les chercher chez les Cordier. Jean part le premier, seul, et traverse la France sans son étoile jaune. Sa mère et son frère Simon le rejoindront un peu plus tard.
Bien des années après la guerre, le petit-fils de Simone Cordier a retrouvé Jean et Simon Waintraub qui n’avaient rien oublié de leur accueil dans cette famille.

Louis, Pauline et leurs enfants Simone et Georges Cordier ont reçu le titre de Justes parmi les Nations le 3 mai 2009 par Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah.

"Famille Cordier : le pont du danger" est raconté par Carla Bruni.
Réalisation des podcasts : Nouvelles Voix, en partenariat avec France Culture

La famille Cordier en 1939
La famille Cordier en 1939
- © Yad Vashem / collection privée