Philippe Cerboneschi, alias « Zdar » durant le Coachella Valley Music & Arts Festival en 2010
Philippe Cerboneschi, alias « Zdar » durant le Coachella Valley Music & Arts Festival en 2010 ©Getty -  Michael Tullberg
Philippe Cerboneschi, alias « Zdar » durant le Coachella Valley Music & Arts Festival en 2010 ©Getty - Michael Tullberg
Philippe Cerboneschi, alias « Zdar » durant le Coachella Valley Music & Arts Festival en 2010 ©Getty - Michael Tullberg
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Le musicien « a fait une chute accidentelle, par la fenêtre d’un étage élevé d’un immeuble parisien » dans la soirée de mercredi. Il avait 52 ans

Philippe Zdar sortait aujourd’hui, fête de la musique, un nouvel album de « Cassius... Comment se fait-il que « Dreems » promesse hédoniste d’un été qui s’ouvre, perlé de joies électrifiées, de chœurs joyeux, et de rythmes brillants de plaisir, se retrouve être l’album posthume d’un des plus grands producteurs français, Philippe Zdar, et de sa moitié musicale orpheline, Hubert Boom Bass ?

C’est un crève cœur, un sale coup de la vie, venue le prendre aussi méchamment que bêtement à 52 ans. Depuis l’annonce de sa mort, les hommages au « pionnier de la French Touch » se multiplient, rappelant l’aura internationale du musicien, et l’affection unanime pour l’homme. Mais si elle est réelle, cette étiquette de « French Touch » est sans doute trop large et couvrante pour rendre compte de son apport sonore aussi éclectique que singulier. 

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Depuis le milieu des années 90, les productions de Zdar ont tellement accompagné les mutations de la musique qu’elles sont partout, et en même temps, son travail reste chaque fois reconnaissable. Re-parcourir son oeuvre c’est se balader sur une sorte de tuner idéal, suivre la trace d’un homme qui ne serait pas une radio à lui tout seul mais l’intégralité d’une bande FM. 

Impossible d’être exhaustif mais reprenons un bout du chemin, parce que quelque part dans Zdar il y a tout, ou presque. 

Le pont avec le hip hop

Parti du punk et du speed metal, comme les Beastie Boys, dont il produira un album en 2011, Philipe Zdar fait le pont avec le hip hop. Il bidouille les instrumentaux des meilleurs Mc Solaar, du mixe de « Bouge de là » au mariage sonore du rappeur avec Diana Ross sur « Paradisiaque ».

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Pionnier de la « French Touch » Zdar l’est bien sûr, avec la Funk Mob et Motorbass aux côté d’Etienne de Crecy, mais s’aventure aussi avec « Les tribulations extra sensorielles » sur les terres naissantes du trip hop au sein du label Mo Wax. Quant à l’hymne « 1999 » de Cassius il va influencer toute une nouvelle de génération de musiciens électro en Angleterre et aux Etats-Unis. Puis, 12 ans après, c’est l’explosion de « I love you so » qui scotche et inspire Kanye West, Jay-Z ou encore Madonna.

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La signature Philippe Zdar

La ligne galvanisante de Cassius traverse le temps jusqu’à ce cinquième album aujourd’hui, mais en parallèle, c’est dans sa carrière solo de producteur, entamée au début des années 2000, que « la signature Philippe Zdar » s’impose.

C’est bien simple tout ce qui passe par ses mains se transforme en or. Je parle ici de musique, pas d’argent. De la ritournelle de Sébastien Tellier, au Grammy Award qu’il reçoit pour l’album Wofgang Amadeus Phoenix, de Cat Power à Kindness, de Franz Ferdinand à The Rapture, Zdar est un alchimiste. Sachant qu’il ne part pas du plomb mais d’une incroyable palette de talents. Comme les meilleurs réalisateurs artistiques un disque qu’il produit dans son studio de la rue des Martyrs à Paris, s’écoute rien que sur son nom.

En 2011 la résurrection de The Rapture avec l’album « In the grace of your love » reste un des sommets de son art.

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Alors s’il fallait tenter de définir, enfin, cette présence foisonnante et unique, je dirais ceci : un mélange entre les guitares funk de son héros, Prince, le scintillement de l’électro, la charge du punk, la puissance fédératrice de la House, et toujours l’amplitude mélodique. Equation changeante mais identitaire, c’est peut-être cela, non pas la « French Touch » mais la « Zdar Touch ».

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