L'acteur Rami Malek pose avec son trophée
L'acteur Rami Malek pose avec son trophée
L'acteur Rami Malek pose avec son trophée ©AFP - MARK RALSTON / AFP
L'acteur Rami Malek pose avec son trophée ©AFP - MARK RALSTON / AFP
L'acteur Rami Malek pose avec son trophée ©AFP - MARK RALSTON / AFP
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Résumé

Cette année, ce sont peut-être moins les discours d’intercession pour le changement qui ont dominé qu’une mutation en acte. Mais de quelle ordre ?

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Connaissez-vous cette chanson d’Elvis Presley « a little less conversation, a little more action » ?  « Un peu moins de discussion un peu plus d’action », pour le traduire en français. S’il s’agit dans ce titre d’enjoindre une fille à cesser de procrastiner pour passer (disons) aux choses sérieuses, la formule pourrait s’adapter, dans un tout autre registre, aux enjeux de la 76ème cérémonies des Golden Globes. 

Chaque année depuis 1944 les Golden Globes récompensent le meilleur de la fiction au cinéma et à la télévision américaine selon la Hollywood Foreign Press Association. C’est le moment où les pronostiques pour les Oscars s’affinent, mais aussi une tribune, un marqueur des engagements portés par les acteurs de l’industrie.  A fortiori l’année dernière, et trois mois après le début de la vague #MeToo déclenchée par l’affaire Harvey Weinstein. Ce fut alors le temps des tenues tout en noir, affichées en soutien au mouvement, et du discours de la puissante Oprah Winfrey appelant une aube nouvelle, et sonnant le temps révolu des « hommes puissants et brutaux... Time’s up » ! 

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Cette année, ce sont peut-être moins les discours d’intercession pour le changement qui ont dominé qu’une mutation en acte. Mais de quel ordre ? 

Sur le plan artistique la fameuse performance d’acteur, à grand renfort de transformation, et de fusion entre le modèle réel et son personnage à l’écran est toujours de mise. Les deux récompenses, meilleur acteur dramatique et meilleur acteur dans une comédie, sont allées à deux incarnations confondantes : Rami Malek en Freddy Mercury, le chanteur de Queen, dans « Bohemian Rhapsody », et Christian Bale en Dick Cheney pour « Vice » sur l’ex vice-président de George W Bush. Il a d’ailleurs remercié Satan pour lui avoir donné toute son inspiration pour le rôle ! Quant à Rami Malek encore habité par son interprétation, il a dédié son prix à Freddy Mercury et à une vision « inclusive » de la musique et du cinéma. 

Acteur américain d’origine égyptienne, Rami Malek a l’image des changements affichés dans ces 76ème Golden Globes, comme si après #MeToo, une vague égalitaire plus large encore s’était levée. 

Après des années à déplorer des cérémonies peu représentatives du melting pot américain, cette fois la société réelle dans la diversité de ses parcours et de ses visages semble enfin s’être reflétée dans la nomination et dans le palmarès. 

En outre, l’afro-américaine Regina King a été récompensée du Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle pour « Et si Beale Street pouvait parler », et la canadienne d’origine coréenne Sandra Oh a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série dramatique pour son rôle dans la série « Killing Eve ». L’acteur Mahershala Ali a obtenu quant à lui le Golden Globe du meilleur second rôle pour « Green Book » histoire d’amitié ou buddy movie entre le musicien jazz Don Shirley et un chauffeur de taxi italo-américain dans une Amérique ségrégationniste. 

Les Golden Globes comme instantané de la mutation d’une industrie enfin, c’est aussi le prix  du meilleur réalisateur et du meilleur film en lange étrangère pour Roma d’Alfonson Cuaron, peut-être son chef d’oeuvre, et produit par la plateforme Netfix. Une date historique. 

Références

L'équipe

Mathilde Serrell
Production
David Jacubowiez
Réalisation