Spider Man, personnage de Stan Lee ©Getty - Jordan Mansfield / Intermittent
Spider Man, personnage de Stan Lee ©Getty - Jordan Mansfield / Intermittent
Spider Man, personnage de Stan Lee ©Getty - Jordan Mansfield / Intermittent
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Résumé

Quand on emploie l’expression « Univers Marvel » il faut la prendre au pied de la lettre.

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Derrière le matraquage des franchises de films de super héros se trouve une philosophie, un univers dont Stan Lee était l’un des grands créateurs. 

Ce bon vieux Stan Lee qui apparaissait comme Hitchcock en cameo dans les films Marvel est un véritable super héros des comics. Le père légendaire de Spider Man, Iron Man, Hulk, Thor, les X-Men, les Avengers mais aussi de Black Panther dès 1966. 

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Scénariste et fin businessman, Stan Lee est aussi l’architecte d’une nouvelle approche du super héros. Ancien éditeur de Captain America, il a connu la vague de censure des Comics après la seconde guerre mondiale, et saura inventer des personnages plus complexes que des hommes forts et patriotes.

Avec lui le concept de super héros s’étend au collectif, aux femmes, et à l’humanité dans sa dimension faillible. Ainsi dès 1961, ses Quatre Fantastiques sont à la fois une femme forte et indépendante, un scientifique, un bellâtre légèrement ridicule, et un incroyable pilote aux allures de Golem, comme sorti de la terre glaise. 

Quant au Docteur Bruce Banner alias l’incroyable Hulk n’est il pas l’image de l’ambivalente colère ? L’incarnation de cette force destructrice qui devient salvatrice lorsqu’elle est employée à servir le bien, mais qui peut toujours échapper au contrôle.

Avec Spider Man alias Peter Parker, Stan Lee révolutionnera particulièrement le genre. Ce héros adolescent mal dans sa peau doit affronter les moqueries de ses camarades mais, piqué par une araignée radioactive, il se découvre des supers pouvoirs. Si il est une matrice à la revanche des geeks c’est bien celle-ci ! Mais pas seulement. Dans Spiderman l’humour prend enfin toute sa place. 

Cette dramaturgie du super héros n’a définitivement plus rien à voir avec la caricature du surhomme, elle nous conte une histoire sensible et toujours sociétale. Stan Lee développe une forme de philosophie du super héros comme produit de la société. Il en devient son miroir et pas uniquement cet être supérieur venu de nulle part - ou d’une quelconque planète ce qui revient au même - pour nous sauver.

Nous sauver de l’intolérance et du sectarisme

Nous sauver nous même de l’intolérance et du sectarisme telle est d’ailleurs la mission des X-Men qui luttent pour l’égalité entre les humains normaux et les mutants, dans un monde obsédé par le fanatisme « mutanophobe ».

Enfin cette philosophie de l’Univers Marvel, est ouverte à l’invisible, aux champs magnétiques, aux mouvements du cosmos : à l’image du puissant mutant télépathe, le professeur Xavier. Mais au-delà du professeur X, un super héros comme Spiderman illustre lui aussi cette figure de l’homme flottant entre les espaces, capable de les relier en écoutant sa force perceptrice. 

Au vrai, Stan Lee ne nous laisse pas simplement un héritage commercial déclinable à l’infini, mais une pensée-source particulièrement éclairante pour l’avenir.