Trump/Obama : janus de la fiction politique ?

Donald Trump
Donald Trump ©Getty - Scott Olson / Employé
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Le fil tendu entre les écrans et la politique oblige à un va et vient analytique entre ces deux mondes. Comment repenser le film ou la série politique quand la politique fait son cinéma ?

L’ultime saison de la série politique « House of Cards » débarque aujourd’hui sur Netflix, le nouveau documentaire de Michael Moore « Fahrenheit 11/9 » sur l’élection de Trump est sorti cette semaine en VOD, et à Rennes un festival international du film politique vient d’ouvrir les portes de sa première édition. Autant d’occasions d’interroger les liens qu’entretiennent la politique et son miroir sur les écrans.

Que s’est-il passé au juste ? Certains observateurs, notamment dans le camp démocrate américain, ont estimé que la mise en scène de la quête perverse du pouvoir dans « House of Cards » avaient préparé le terrain imaginaire des électeurs spectateurs à l’arrivée d’un Trump. Les séries ayant trop héroïséquipes les politiques aussi. C’est sans doute exagérer l’impact de ces fictions et passer à côté des vraies questions. 

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Mais le fil tendu entre les écrans et la politique, son spectacle, sa représentation, sa mise en récit, oblige à un va et vient analytique entre ces deux mondes.

La politique devenant un spectacle, les séries et les films dévoilant les coulisses du pouvoir ont-ils connus un engouement proportionnel à la montée en intensité de ce même spectacle ? 

Ce spectacle politique s’est-il lui même nourri de ces mises en scène ? 

Les électeurs spectateurs ont-ils été à la fois dégoûtés et fascinés par les politiques à mesure que le récit de leur conquête du pouvoir s’imposait sur les écrans et dans leur imaginaires?

Les médias se sont-ils assis à la table des scénaristes accentuant un peu plus chaque jour cette confusion ?

Dans le récent documentaire que consacrait  Frédéric Mitterrand à Donald Trump, « Le prince de Manathan », cette analyse m’a interpellée :

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L’arrivée de Trump aurait en quelque sorte été préparée par Obama et son génie du show politique. La situation actuelle nous montrerait une sorte de Janus, où les candidats qu’ils soient populistes ou progressistes se propulsent sur la scène politique en devenant les acteurs d’une fiction.

Et dans ce chaos, où au fond on ne sait plus lire l’image car on ne parvient pas en s’en décoller, que peut le film politique pour éclairer, enseigner, démystifier ?

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Le paradoxe du film de Michael Moore est qu’il veut montrer comment chacun a participé à la fabrication du Frankenstein Trump, en particulier les compromissions de la gauche réformiste, mais aussi celles les acteurs médiatiques, seulement il engendre à son tour un monstre obsessionnel sans nuance et acquis au spectacle. Résultat un bide et plus jamais l’urgence d’inventer d’autre voies. 

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