La marionnette des Guignols de Dominique Strauss-Kahn. ©AFP - ALEXANDER KLEIN
La marionnette des Guignols de Dominique Strauss-Kahn. ©AFP - ALEXANDER KLEIN
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Résumé

Des Guignols qui n’en ont plus que le nom, à la diminution de l’espace des caricaturistes de presse.

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Vous êtes vous récemment demandé ce qu’étaient devenus les Guignols de l’info ? Les marionnettes en latex créées en 1988 par Alain de Greef et Alain Duverne sur Canal+, et disloquées peu à peu depuis le reprise en main de la chaîne par Vincent Bolloré. 

Rendez-vous satirique de millions de français pendant des années, des Guignols il ne reste que le nom. Après l’éviction massive des auteurs historiques en juillet 2015, puis du producteur Yves Le Rolland lors du passage en crypté (qui fut catastrophique en termes d’audiences), le programme était de retour en clair à la dernière rentrée médiatique, après moult changements d’horaires, et une ligne imposée dés son arrivée à la nouvelle équipe : délivrer «un humour acceptable», selon la formule de Vincent Bolloré. 

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Récemment c’est Daniel Herzog, voix de Lionel Jospin, Alain Juppé, Franck Ribéry, Jean-Michel Aphatie, Jean-Jacques Bourdin ou encore Joey Star qui était remercié. Les guignols auraient eu 30 ans cette année et si la satire politique qu’ils portaient existait encore gageons que dans la séquence qui est la nôtre, on aurait eu droit à quelques sketchs tranchants. Qui sortent des blagues sur le foot ou Kev Adams, pour venir sangler d’un coup une réalité que l’analyse classique ne suffit pas à décrire. Comme en 1995, lorsque le nouveau président Chirac venait prendre ses instructions auprès du département tiers-monde de la « World Compagny ». 

Mais vous allez me dire, ne sombrons pas dans le passéisme. Et non seulement d’autres rendez-vous caustiques se sont fait une place dans les médias, mais en sus les usages changent. Youtubeurs, sites parodiques : l’offre se multiplie et se délinéarise. L’art de la satire cependant, rire samouraï qui tranche soudain l’esprit pour lui faire entrevoir ce qui lui échappe, ce qu’il y a d’intranquille ou de dérangeant, semble avoir perdu du terrain. 

Et le succès du retour temporaire du très affranchi Burger Quizz après 16 ans d’absence la semaine dernière sur TMC (seule chaîne à avoir donner suite à cette proposition de reprise des producteurs), montre qu’au-delà de la madeleine – ou du burger – de Proust, il existe une véritable attente. Violences des réseaux et antisémitisme décomplexé sur la toile y sont ici efficacement taclés, en moins de 10 secondes de vannes.

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Enfin, la diminution de l’espace accordés aux dessins des caricaturistes de presse apparaît comme une autre illustration de ce recul de la satire. À part quelques titres Charlie Hebdo, Le Canard, Le Un, entre autres, ou Siné Mensuel qui a fait son retour, le trait des caricaturistes, rarement du goût des annonceurs, a déserté les pages de la presse papier. Ce qui ne l’empêche pas, lorsqu’il est diffusé en ligne et qu’il n’est pas censuré par Facebook, d’engranger des millions de vues.

Cette régression de la satire, capable comme du meilleur comme du pire, et du plus dangereux rappelons-le, nous concerne pourtant tous. À l’heure de la pots-vérité, où ces puissantes armes peuvent agir comme des antidotes.