Réunion à l'Opep aujourd'hui à Vienne.
Réunion à l'Opep aujourd'hui à Vienne.
Réunion à l'Opep aujourd'hui à Vienne.  ©AFP - Joe Klamar
Réunion à l'Opep aujourd'hui à Vienne. ©AFP - Joe Klamar
Réunion à l'Opep aujourd'hui à Vienne. ©AFP - Joe Klamar
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Résumé

Les désaccords persistants entre l'Iran, l'Irak et l'Arabie saoudite sur les modalités d'une limitation de leur production rendent de plus en plus incertaine la conclusion d'un accord au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole aujourd'hui à Vienne. Les enjeux ?

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Depuis plusieurs semaines, les tractations vont bon train entre les 14 membres de l'Opep pour mettre en place des quotas par pays destinés à relancer des prix déprimés par une surabondance d'offre depuis l'été 2014. Mais si un tel accord de limitation de la production est réclamé par les pays les plus dépendants de la manne pétrolière comme le Nigeria ou le Venezuela, il achoppe sur les fortes rivalités entre l'Iran et l'Arabie saoudite, et la situation précaire de certains producteurs en guerre, à l'image de l'Irak et de la Libye.

Le 28 septembre dernier à Alger, l'Opep était parvenus à dégager un accord de principe sur la baisse de la production, afin de faire remonter les cours du pétrole. Une première depuis 2008, quand la crise financière avait fait plonger le baril de 147 dollars à moins de 35 dollars...Les chances d'une entente aujourd'hui sont pourtant bien minces

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Si ces pays producteurs ont tous le même intérêt de voir le prix du baril remonter ils ont pourtant bien du mal à s'entendre car aujourd'hui à Vienne le plus dur reste à faire , c'est à dire déterminer la production de chaque pays.

Qui baissera sa production ?

A ce petit jeu là , tout le monde se tient par la barbichette. L'Arabie Saoudite , premier producteur mondial...n'a cessé ces dernières années d'augmenter sa production pour faire face d'une part à la concurrence américaine et son huile de schiste...et d'autre part à la concurrence de la Russie , deuxième producteur mondial qui a rouvert des gisements datant de l'époque soviétique et qui a atteint aujourd'hui un niveau de production inédit depuis la chute de l'URSS...La Russie , qui rappelons le , n'appartient pas à l'Opep et qui n'a rien à perdre sinon tout à gagner si l'organisation parvenait aujourd'hui à un accord pour réduire les quotas de productions de ses membres. Vladimir Poutine a d'ailleurs accepté , ce qui ne l'engage à rien , non pas de baisser mais de geler sa production.

Un consensus est il possible ?

Alors que l'Arabie saoudite, poids lourd du cartel, semblait usqu'alors juger "impératif" qu'un consensus soit trouvé pour appliquer l'accord d'Alger, elle a porté un coup dur aux discussions ce week-end en avançant qu'une baisse de l'offre n'était pas obligatoire et que les prix du pétrole allaient se stabiliser même sans intervention du cartel.

Première victime de la politique des vannes ouvertes de l'Arabie Saoudite. L'Iran son ennemi juré. L’Iran souhaite retrouver rapidement sa production d’avant les sanctions internationales. Il compte pouvoir produire à son maximum comme l’Irak et la Libye qui invoquent le besoin de financer la guerre contre Daech. Mais ce ne sont pas les seuls pays a avoir terriblement besoin de la manne financière que représente le pétrole pour assurer la stabilité de leur pays. Il y a l'Algérie, plus dépendant encore le Nigéria ou encore le Venezuela.

Qui finalement pourrait baisser sa production ?

L’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Koweït. Il serait dans l’intérêt de ces quatre producteurs de procéder à une réduction de leur production , ce qui engendrerait une remontée des cours mais une coupe de production dans les monarchies du Golfe reviendrait à subventionner la production des frackers américains. Certes, la stratégie de baisse des prix de l’Arabie Saoudite depuis 2014 a permis de stopper le développement de certains types de pétroles, comme l’off-shore profond, les sables bitumineux du Canada et de l’Arctique mais pas celui des Etats Unis où les banques sont prêtes à soutenir de nouveaux investissements d'extraction ...Donald Trump a d'ailleurs placé la course aux énergies fossiles comme une des priorités de son programme de relance économique. Avec la surabondance de l'offre mondiale et sans accord des pays producteurs , le prix du pétrole devrait rester stable encore pour quelques temps.

A. Grelier

Références

L'équipe

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Production
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