Manifestation des salariés de Vivarte devant Bercy le 5 janvier 2017. Emmanuel Macron a suivi le dossier quand il était ministre de l'économie.
Manifestation des salariés de Vivarte devant Bercy le 5 janvier 2017. Emmanuel Macron a suivi le dossier quand il était ministre de l'économie.
Manifestation des salariés de Vivarte devant Bercy le 5 janvier 2017. Emmanuel Macron a suivi le dossier quand il était ministre de l'économie. ©Maxppp - Bruno Levesque
Manifestation des salariés de Vivarte devant Bercy le 5 janvier 2017. Emmanuel Macron a suivi le dossier quand il était ministre de l'économie. ©Maxppp - Bruno Levesque
Manifestation des salariés de Vivarte devant Bercy le 5 janvier 2017. Emmanuel Macron a suivi le dossier quand il était ministre de l'économie. ©Maxppp - Bruno Levesque
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Résumé

Trois plans sociaux en cours, autour de 900 emplois supprimés, une rencontre avec Emmanuel Macron avant le 1er tour... Les salariés de Vivarte espèrent faire parler d'eux encore dans l'entre deux tours. La justice doit dire aujourd'hui si elle nomme un expert sur les comptes de l'entreprise.

En savoir plus

C'est aujourd'hui que le tribunal de grande instance de Paris doit dire s'il accède à la demande de l'intersyndicale de faire expertiser les comptes de l'entreprise depuis 2007.

Pourquoi 2007, parce que c'est à ce moment là que l'entreprise a été vendu via un LBO, cette pratique financière qui permet de racheter une entreprise en s'endettant, et en remboursant ensuite cette dette sur les résultats de l'entreprise.

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Vivarte avait déjà connu un LBO en 2004, mais celui de 2007 a eu des conséquences beaucoup plus grandes.

Voir ici un précédent billet qui raconte l'histoire de Vivarte: 22 000 salariés dans les mains de fonds vautours

L'entreprise étant très bien valorisée à ce moment là (on était juste avent la crise), elle a été vendu très cher, et donc s'est retrouvée très endettée... jusqu'à se retrouver entre les mains de fonds de dette décotée, qu'on surnomme fonds vautours. Voir ici un billet qui explique ce que sont ces fonds vautours (qui achètent aussi des dettes d'Etat, et ont eu un rôle majeur en Argentine): A quand une régulation sur les fonds vautours?

L'entreprise étant très bien valorisée à ce moment là (on était juste avent la crise), elle a été vendu très cher, et donc s'est retrouvée très endettée... jusqu'à se retrouver entre les mains de fonds de dette décotée, qu'on surnomme fonds vautours. Un reportage d'Envoyé Spécial explique bien le mécanisme de cette prise de contrôle.

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Si elle est acceptée, cette expertise prendra des mois, elle pourra ensuite être contestée par la direction, ce qui prendra encore des mois...

Cela n'aura donc pas de conséquence à court terme sur le démembrement du groupe, et la vente d'André, Naf Naf, Chevignon, Kookai etc... Cela n'aura pas non plus de conséquence sur les plans de licenciement en cours à la Halle aux chaussures et la halle aux vêtement qui prévoient la suppression de près de 900 emplois, mais l'enjeu est ailleurs pour l'intersyndicale.

Faire parler de Vivarte dans l'entre deux tours

Alors que la campagne électorale met en lumière les salariés de Whirlpool, ceux de Vivarte ont toujours l'espoir qu'Emmanuel Macron, qu'ils ont rencontré pour une émission de France 2 en mars, prenne position sur leur problème spécifique.

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En novembre, j'avais alerté tous les candidats sur le sort de Vivarte pour leur demander leurs solutions par rapport aux fonds vautours. Aucun ne m'avait alors répondu, sauf Benoit Hamon. Le récit de cette tentative pour mettre Vivarte dans l'agenda des politiques ici: Pourquoi Vivarte ne fait pas la une de vos journaux

Si à Whirlpool, c'est l'Europe et la mondialisation qui passent pour être la cause des licenciements à venir. Pour Vivarte, c'est la finance. Pas uniquement, il y a eu aussi des erreurs stratégiques, mais les LBO successifs n'ont clairement pas aidé l'entreprise à aller de l'avant.

En tant qu'ancien banquier d'affaires, écrit l'Intersyndicale dans une lettre envoyée à Emmanuel Macron lundi, vous connaissez mieux que personne la situation à laquelle nous devons faire face.

Quand il était à l'Elysée, Emmanuel Macron a eu suivre ce dossier personnellement, ajoute un ancien PDG du groupe. Il connait donc parfaitement la situation. La lettre de l'intersyndicale lui demande de dire ce qu'il envisage pour réguler le capital investissement, que l'on nomme aussi le capital risque, c'est à dire la prise de contrôle d'entreprises par des fonds financiers, qui ne sont pas tous vautours, mais ont une finalité très claire: revendre l'entreprise plus chère qu'ils ne l'ont acheté pour faire une plus valu... et investir ensuite dans une autre entreprise.

Pas de rencontre prévue

Après leur rencontre avec Emmanuel Macron pour France 2, l'intersyndicale a rencontré son équipe de campagne pour exposer le plan alternatif qu'elle a mis sur pied pour sauver l'entreprise.

A ce jour, le candidat d'En Marche ne s'est engagé sur rien. Il faut dire que le sujet est complexe. Le capital risque n'est pas mauvais en soit, il apporte du capital à des entreprises qui en cherchent. Si on veut l'encadrer, il faut rentrer dans des détails qui ennuieront rapidement le grand public, et sans doute aussi la plupart des journalistes non spécialisés dans la finance.

Dans son programme, Emmanuel Macron a des propositions pour financer les entreprises. Et elles passent justement par le capital risque qu'il veut favoriser pour financer les start-ups. Il promet aussi un fonds public de 10 milliards d'euros, mais pour financer l'innovation et l'industrie du futur... pas les entreprises en difficulté.

Rationnelles sur le plan économique, ces propositions sont moins accrocheuses que l'engagement numéro 34 de Marine Le Pen, qui promet de "privilégier l'économie réelle face à la finance spéculative".

Moins directes, que le communiqué du Front National qui dès janvier prenait fait et cause pour Vivarte en promettant de "combattre férocement les fonds vautours", mais sans dire qui ils sont, ni ce qu'on peut faire contre eux.

Simplisme face au réalisme... dans un domaine aussi compliqué que la finance, c'est souvent le premier qui a le plus de chance de séduire les déçus de l'économie.

L'intersyndicale de Vivarte n'a pas écrit à Marine Le Pen "dont nous ne partagerons jamais les fondamentaux politiques" écrit l'intersyndicale dans sa lettre à Emmanuel Macron. Elle qualifie le discours du FN de "soit-disant proche des plus faibles".

Chez Vivarte, comme ailleurs, les syndicats s'associent sans le crier sur tous les toits au "Front Républicain", mais à entendre les reportages sur Whirlpool, on sent bien qu'ils ne donnent plus le la dans les usines.

Marie Viennot

Références

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Marie Viennot
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