Theresa May devant la Confederation of British Industry (CBI) lors d''une conference à Grosvenor House à Londres
Theresa May devant la Confederation of British Industry (CBI) lors d''une conference à Grosvenor House à Londres
Theresa May devant la Confederation of British Industry (CBI) lors d''une conference à Grosvenor House à Londres ©Sipa - SIPANY
Theresa May devant la Confederation of British Industry (CBI) lors d''une conference à Grosvenor House à Londres ©Sipa - SIPANY
Theresa May devant la Confederation of British Industry (CBI) lors d''une conference à Grosvenor House à Londres ©Sipa - SIPANY
Publicité
Résumé

La Première ministre britannique veut croire qu'un nouveau rôle est possible pour les entreprises dans une "Grande Bretagne plus juste". Le Brexit serait l'opportunité de sauver le capitalisme des attaques populistes, a-t-elle expliqué au patronat britannique, qui, lui, espère un "smooth" Brexit.

En savoir plus

Theresa May a tenu un discours très attendu lors d'une conférence organisée par la confédération des entreprises britanniques, le medef d'outre manche, et elle a mis la barre très haut. Pour elle, le vote du 23 juin, le Brexit, donc, est je la cite "une opportunité inédite de changer l'avenir de notre nation et une chance pour construire un pays plus fort et plus juste".

Refonder le capitalisme, c'est un thème qui revient... son discours d'hier m'a fait penser à ceux que l'on a pu entendre après la crise financière de 2008, dans la bouche de tous les responsables politiques d'alors, sur le mode: "Ce n'est pas le capitalisme qui est néfaste, c'est une minorité qui le dévoie". C'est à peu près ce qu'elle dit, elle aussi.

Publicité

"Le comportement d'une petite minorité d'entreprises et de patrons sape la confiance dans l'entreprise (...) et je veux vous demander d'être avec moi, pour montrer que les forces du capitalisme, de la mondialisation et du libre échange sont le meilleur espoir de nos compatriotes qui sont dans la difficulté".

Depuis le vote du 23 juin, Theresa May doit à la fois montrer qu'elle a compris le message des délaissés de la mondialisation, qui ont majoritairement voté pour le Brexit, et en même temps, elle doit rassurer le monde des affaires qui a majoritairement voté contre et s'inquiète des répercussions déjà palpables de cette décision sur leurs affaires.

Et ce qu'a dit Theresa May à ces patrons, comme elle l'avait fait la veille dans une grande tribune publiée par le Financial Times, c'est: "on peut y arriver, et au passage on va même sauver le capitalisme des attaques populistes".

Que propose-t-elle concrètement?

Rien de très neuf en fait. Ce qu'elle a annoncé hier, c'est un programme libéral classique, qui comprend des baisses d’impôts et un accent plus fort mis sur la recherche et développement. L'Etat britannique, même au régime, va augmenter ses dépenses dans ce domaine, augmenter le crédit d’impôt recherche, créer un fond stratégique, et une aide spécifique pour les PME.

Malgré ces annonces, déjà faites pour la plupart, Theresa May n'était pas en milieu conquis face à ce parterre de patrons. Car ces derniers temps, elle avait semblé plutôt pencher du côté des "délaissés de la mondialisation", et avait même laissé entendre que des représentants des salariés et des consommateurs pourraient avoir une place dans les conseils d'administration...

U-TURN total,, machine arrière toute... cette idée est abandonnée, mais renvoyée à la rédaction d'un prochain rapport. OUF de soulagement dans les rangs patronaux sur ce plan là.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Les patrons rassurés?

La crainte des milieux d'affaires britanniques, c'est que la sortie de l'Union Européenne soit brutale, que d'un jour à l'autre il y ait des tarifs douaniers, des difficultés à recruter des étrangers... Ils craignent que les négociations avec l'UE mènent la Grande Bretagne au bord de la falaise, et qu'il faille sauter pour passer dans le monde Post Brexit.

Ce qu'ils veulent, ce n'est pas un hard ou un soft brexit, un brexit dur ou mou, mais un SMOOTH BREXIT, retenez cet adjectif, il fait son entrée dans le discours économique, même Donald Trump l'utilise en ce moment. On peut le traduire par lisse.

Là dessus, Theresa May a un peu rassuré les patrons britanniques en leur disant qu'il pourrait y avoir une sorte de période de transition. Mais elle n'est pas maître de tout, cela dépend des autres pays de l'Union Européenne. Voilà pourquoi elle n'a pas pu vraiment les rassurer qu'il y aurait une smooth transition...

Smooth transition, isn't nice? J'espère vous avoir mis la chanson de Sade dans la tête...

Références

L'équipe

Marie Viennot
Production
Catherine Petillon
Journaliste
Annabelle Grelier
Journaliste
Anne-Laure Chouin
Journaliste
Marie Viennot
Journaliste
Anne-Laure Jumet
Journaliste