Le revenu médian en France stagne : 1 679 euros / mois pour une personne, 3 530 pour un ménage de 4.
Le revenu médian en France stagne : 1 679 euros / mois pour une personne, 3 530 pour un ménage de 4.  - M.Viennot
Le revenu médian en France stagne : 1 679 euros / mois pour une personne, 3 530 pour un ménage de 4. - M.Viennot
Le revenu médian en France stagne : 1 679 euros / mois pour une personne, 3 530 pour un ménage de 4. - M.Viennot
Publicité

Le niveau de vie des français stagne en 2014, le nombre de personnes pauvres (vivant avec moins de 1000 euros par mois) est en baisse, mais les effets de la crise sont loin d'être effacés. Il y a quasiment un million de pauvres en plus depuis 2008.

C'est une étude publiée cette semaine par l'INSEE, et dont les compteurs s'arrêtent en 2014. Ce n'est donc pas le bilan du quinquennat. Je vais donner beaucoup de chiffres dans ce billet, mais trois d'entre eux sont à retenir selon moi.

1 679 euros, 924 000 et 18.8%.

Premier chiffre, pour vous rendre compte de votre situation relativement à celle du pays. Si vos revenus dépassent 1 679 euros par mois pour une personne seule, ou 3 530 euros pour une famille de 4, vous faites partie du haut du panier. Vous n'êtes pas tout en haut, vous êtes juste dans la moitié du dessus.

Publicité

1 679 euros, c'est le revenu médian. Il stagne depuis la crise alors qu'il augmentait auparavant chaque année d'1.4%.

Le seuil de pauvreté, lui, est fixé à 1008 euros mensuels. C'est une convention forcément (voir ici une explication par l'Insee de la mesure de la pauvreté), mais cela permet de comparer d'une année sur l'autre, et de se rendre compte notamment de l'impact de la crise financière. Bilan, deuxième chiffre à retenir : il y a 924 000 pauvres de plus depuis 2008, pas loin d'un million. Au total, la pauvreté concerne  8 millions 800 000 personnes. 14% du pays.

Familles monoparentales, toujours plus pauvres

C'est pour les familles monoparentales que la situation s'est le plus détériorée entre 2013 et 2014, leur taux de pauvreté passe de 21.9 à 23.2 en 2014. Un tiers des familles monoparentales sont pauvres actuellement, et chaque année, il y en a plus que l'année d'avant. Quand on dit famille monoparentale, dans 80% des cas précise l'INSEE, cela veut dire une mère avec son ou ses enfants.

Un mieux pour les chômeurs mais….

Deux catégories de personnes ont vu en revanche leur situation s'améliorer en 2014.

  • Les retraités : les revalorisations du minimum vieillesse entre 2008 et 2012 ont eu un effet.
  • Les chômeurs : il y a moins de chômeurs pauvres, le taux de pauvreté des chômeurs passe de 37.3 à 36.6%, mais attention, cela ne veut pas dire que la situation des chômeur s'est améliorée. C'est parce que, explique l'INSEE, il y a plus de chômeurs qui occupaient avant des postes bien rémunérées (qui étaient cadres ou professions intermédiaires). Du coup, le montant de leurs allocations est plus élevé, et c'est pour cela qu'il y a moins de chômeurs parmi les pauvres. Ce n'est donc pas vraiment positif, c'est même le signe d'un certain déclassement.

7% des actifs sont pauvres

Etre actif ne garantit pas contre la pauvreté. Le taux de pauvreté chez les actifs est de 7%, mais attention, c'est le troisième chiffre à retenir de ce billet ce chiffre grimpe à 18.8% chez les indépendants. Autrement dit 18.8% des indépendants peuvent être considérés comme pauvres, quasiment un sur cinq donc. Parmi ces indépendants, on trouve les auto-entrepreneurs.

Inégalités : pas plus pas moins

Statistiquement, les inégalités sont mesurées par un indice que l'on appelle l'indice de GINI. Il varie de 0 à 1. 0 c'est l'égalité parfaite, 1 l'inégalité extrême, une personne a tout et tous les autres n'ont rien.

En France nous sommes à 0.293 selon l'Insee. En 1996, nous étions à 0.279, donc plus égalitaire mais à peine plus. Il y a même une amélioration. En 2012, cet indice était à 0.303. En lien, un graphique fait avec les statistiques de la Banque Mondiale (qui multiplient l'indice par 100).

La situation n'est donc pas aussi grave qu'aux Etats Unis (qui sont à 0.4), et au palmarès de l'égalité, nous sommes plutôt en haut du tableau. Tout en haut, il y a le Danemark, nous sommes 20 à 30 rangs derrière environ selon les classements.

POUR ALLER PLUS LOIN

Voir ici le site de la Banque Mondiale qui permet de faire des comparaisons.

Ici une étude du Comité pour l'Abolition des Dettes Illégitimes sur les inégalités dans le monde en 2015.

Marie Viennot

L'équipe

Marie Viennot
Marie Viennot
Marie Viennot
Production
Anne-Laure Jumet
Journaliste
Marie Viennot
Marie Viennot
Marie Viennot
Journaliste
Catherine Petillon
Journaliste
Anne-Laure Chouin
Anne-Laure Chouin
Anne-Laure Chouin
Journaliste
Annabelle Grelier
Journaliste