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L’UFC-que-choisir vient de publier une étude sur l’accès aux soins remboursés au tarif de la sécurité sociale, c’est à dire sans dépassement d’honoraire. Le résultat révèle ce que l’union des consommateurs appelle « une fracture sanitaire »

Les chiffres de cette enquête disent tout simplement que l’idée d’égalité des citoyens devant la santé est presque périmée en France. La France évoque souvent, non sans fierté, l’excellence de son système de santé pour tous. Elle va devoir réviser sa bonne conscience.

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Un français sur cinq seulement, c’est dire, grosso modo, treize millions de personnes sur soixante cinq millions ont un accès facile à un médecin qui fera payer le tarif normal.

Vingt trois millions de français ont du mal à trouver un médecin sans payer plus que prévu.

Enfin, trente millions de personnes sont contraintes de payer des dépassements, dont le remboursement est plus aléatoire. Un chiffre à rapprocher de cette autre statistique : en 2008, déjà, dix millions de Français déclaraient avoir renoncé à se soigner pour des raisons d’argent.

Par spécialités, les choses sont encore plus compliquées. 80% des françaises ne peuvent pas trouver de gynécologue respectant le tarif de la sécurité sociale, 58% des parents ont le même problème avec les pédiatres, et le taux atteint de 47% en ophtalmologie.

27% des généralistes sont concernés par les dépassements, et ce taux dépend beaucoup des zones géographiques. A Paris, par exemple, débusquer un médecin au tarif dit normal, est à peine moins aléatoire que de trouver des pépites d’or sur les rives de la Seine.

C’est un fait : il faut payer plus cher pour être ausculté, et diagnostiqué. Il faut donc se le permettre, comme on dit pour les produits de luxe, c’est à dire avoir le revenu qui autorise à se payer cet "extra" .

Des négociations ont lieu en ce moment entre l’assurance maladie et les syndicats médicaux. Selon l’UFC Que Choisir, les solutions qui se dessinent ont peu de chances de donner un coup de frein à une tendance qui s’amplifie.

Les déserts médicaux en France
Les déserts médicaux en France

On parle souvent de tabou dans le discours politiques, c’est à dire de réalités qu’on refuserait de regarder en face, pour des raisons diverses.

Soit cette dégradation fait partie des tabous, et les députés détournent les yeux, soit la folle ambiance de l’assemblée nationale, hier après midi, une atmosphère de cris et de fureur, nous apporte une information sur la hiérarchie des problèmes. On s’écharpait à propos du cannabis, qui concerne un ou deux millions de fumeurs, et pas de ces dépassements qui en frappent quinze fois plus.

C’est sans doute qu’en terme de santé, pour le législateur, l’usage du joint par un français sur trente pose un problème plus urgent que l’accès au soin, pour un français sur deux…