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Vous connaissez la formule que Shakespeare met dans la bouche d’ Hamlet : « Words, words, words »… Des mots, des mots,… des mots…

Et quand les actes n’obéissent plus aux mots, le désespoir guette.

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Le même défi attend François Hollande.

Ces derniers jours, il a passé l’épreuve des mots et des symboles…

Reste l’essentiel : les actes.

Trois mots, trois symboles, trois défis : Parité, Croissance, Euro.

Sur la parité d’abord, le nouveau chef de l’Etat a tenu son premier engagement. Mais le symbole est en trompe l’œil.

Au gouvernement, seule la Justice, de tous les portefeuilles clés, de tous les portefeuilles « régaliens », seule la Justice est « féminine »… Aux hommes les Affaires étrangères, l’Intérieur, l’Economie, la Défense, l’Education.

Un examen attentif des listes socialistes aux législatives laisse, également, songeur : oui les femmes sont bien là, à parité mais combien sont… éligibles ?

A l’image du jet de l’éponge, à Lyon, de Najat Vallaud Belkacem, les candidates socialistes sont souvent… vouées à l’échec.

Et rien ne laisse présager que l’Assemblée version 2012 soit plus féminine que l’Assemblée version 2007, 18% de femmes seulement, là où l’Allemagne en compte 33%.

Sur la croissance, même diagnostic, même écueil.

A l’issue du sommet du G8 ce week-end, le nouveau locataire de l’Elysée s’est abondamment félicité d’avoir imposé au menu… la relance de la croissance…

La carte du restaurant est séduisante. Mais les cuisines vont-elles suivre ?

Non seulement la relance de la croissance « ne se décrète pas », mais surtout, les membres du G8 n’en ont pas la même conception.

Plus de libre circulation et moins de dépenses publiques, c’est la version Merkel / Barroso ? Ou plus de grands investissements, et donc plus de dépenses publiques, c’est la tentation traditionnelle de la gauche… ? Sur cette question-clé, le communiqué du G8 se garde bien de trancher.

Tout comme il évite soigneusement toute critique de la sous-évaluation du yuan chinois, élément pourtant déterminant du grand déséquilibre commercial mondial.

Troisième mot, troisième symbole, l’Euro et la Grèce.

« Avec le président Obama, nous avons la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone Euro » affirmait un François Hollande, guilleret, vendredi soir, en sortant du bureau ovale. Là encore, la formule est belle, le symbole atteint, mais pour les actes on attendra.

Le communiqué final du G8 est d’ailleurs beaucoup plus ambigu : « Nous affirmons notre intérêt à ce que la Grèce reste dans la zone Euro, tout en respectant ses engagements »…

Dès cette semaine, lors du dîner des chefs d’Etat européens à Bruxelles, la question sera la suivante : François Hollande peut-il convaincre Angela Merkel de laisser la banque centrale européenne prêter directement aux Etats dans le besoin ?

Brandir des symboles est une chose.

Agir en est une autre. Les mots ne sont que rarement « performatifs », capables à eux seuls de transformer le réel.

« Le bonheur, disait un certain… Gandhi, c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles ».

Si les actes viennent contredire les paroles, alors les mots perdent automatiquement de leur valeur…. Et Hamlet n’a plus qu’à jeter son livre !

Jean-Marc Four

C'est aujourd'hui que débute la campagne officielle des élections législatives en France. A trois semaines du 1er tour, on compte 6541 candidats dont 40% sont des femmes.

La parité n'est donc pas respectée

D'ailleurs comme le soulignait Jean-Marc Four , il y a moins de femmes à se présenter cette année qu'il y a 5 ans en 2007 .Une analyse de Claire le Nestour *: *

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La parité politique en Europe
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