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Ce que dit le baromètre Ipsos Radio France publié ce matin, par rapport au même sondage publié en janvier c’est que l’envie de changer de président n’a pas diminué. Second tour 55-45, toujours dans le même sens. En janvier Hollande était à 29, et il est à 28,5, en janvier Borloo venait de renoncer, il était à 5%, Sarkozy à 23, le total faisait 28, en avril Sarkozy est à 29.

C’est derrière que les choses ont bougé. Marine le Pen passe de 18 à 15 entre décembre et janvier Bayrou était passé de 7 à 14, il est retombé à 9,5, Jean Luc Mélenchon était à 7,5 il est à 14,5 Villepin était à 3 et il est au tapis, Joly était à 3, elle se retrouve à 1,5 Dupont Aignant était à un demi, il est à 1 Poutou et Arthaud totalisaient 1 points, et ils restent à ce niveau, Cheminade était à rien, il est toujours à pas grand-chose.

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Dans ce même baromètre, la gauche était à 40, elle est à plus de 45.

En janvier, pour gagner, le sortant avait quatre mois pour réussir un rétablissement extraordinaire. En avril, pour l’emporter, le même sortant n’a plus que douze jours pour réussir un retournement phénoménal.

Le secret de l’ennui officiel de la campagne est peut-être là. Une multitude d’événement ont eu lieu, les entrées en campagne, les annonces en cascade, les sommets, les meetings, l’affaire de Toulouse, mais rien ne s’est passé dans la tête des français, sauf la poussée Front de gauche. Ils avaient envie de changer de Président, l’envie n’a pas décliné

Est-ce pour autant que tout va changer. Pas forcément. Une chose au moins parait appelée à se perpétuer, quel que soit l’épilogue. Ce qui ne change pas, même quand on change de président, c’est le récit de sa victoire.

Si Hollande gagne, sa campagne, qualifiée de fadasse depuis un an va devenir bouillonnante.

Si le sortant l’emporte, sa manière d’inventer un Sarkozy nouveau par mois en essayant d’effacer le Sarkozy précédent, passera pour une capacité géniale à s’installer dans la durée

Et ce sera reparti pour un tour

Car en France la victoire à la présidentielle transforme le titulaire du poste en grand sorcier. Ses faits et gestes, ses fausses confidences, ses emportements, ne sont jamais foireux. Une fois franchi le perron de l’Elysée, ce que dit l’homme devenu président est chargé, même quand ça ne pèse pas un gramme. Il a toujours un coup d’avance même quand il a un train de retard.

Si Sarkozy perd, tout ce qui fait sa gloire, son activisme, son imagination, sa fameuse énergie, deviendra de l’agitation, du bougisme, de la danse de Saint-Guy

Et si Hollande l’emporte, tout ce qui fait défaut chez lui fera l’objet de commentaires impressionnés.

A moins qu’on ne tire les leçons de cette drôle de campagne. Qu’on sécularise la fonction au lieu de la sanctifier. A moins qu’on se souvienne qu’ils ont beaucoup bougé, mais sans faire bouger grand-chose, et que le vainqueur, loin d’avoir fait ses preuves, aura tout à prouver.

Références

L'équipe

Hubert Huertas
Production
Caroline Bennetot
Collaboration