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Dix sept hommes et dix sept femmes pour donner au changement sa preuve photogénique sur le perron de l’Elysée, tout à l’heure.

De l’expérience et de la continuité avec un doyen, Laurent Fabius, qui fut jadis le plus jeune premier ministre de la France, une moyenne d’âge relativement élevée, mais des trentenaires enthousiastes, les fidèles de François Hollande mais une synthèse digne d’un congrès socialiste qui se passerait sans déchirement, ou presque...

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Bref une allure classique où tout le monde trouve sa part, les français de partout et ceux de Paris sur Seine, ceux du oui et ceux du non, l’aile droite de Valls et l’aile gauche de Montebourg, les routiers aguerris et les jeunes pousses émerveillées, une équipe au boulot pour la France comme le dit le Premier Ministre, mais d’abord une équipe de combat, en mission électorale, pour remporter la mise aux prochaines législatives.

Ce gouvernement est Hollandiste jusqu’au bout des ongles dans sa conception. Tout en équilibre. Le fameux galet évoqué par le biographe du Président, Denis Jeambar, lisse à l’extérieur, dur à l’intérieur. Rien qui accroche la critique, ou pas grand-chose, et tout qui résume le discours présidentiel en vue des législatives.

Prenez l’économie donnée au Directeur de la campagne, Pierre Moscovici, rassurant pour Bruxelles, Ce ministère n’ira pas sans l’emploi et le travail, confié à l’ami de jeunesse, Michel Sapin, tous deux expérimentés, et le tout n’aurait pas de sens sans le chatoyant ministère du redressement productif, une espèce de ministère de la démondialisation et de la renaissance de l’industrie nationale animé, cela va de soi, par l’inclassable Arnaud Montebourg.

C’est un gouvernement marqué par la social-démocratie, l’économie qui ne va pas sans les hommes, et les hommes qui peuvent rien sans l’économie, mais également issu d’une primaire qui a fait monter la contestation radicale.

Tout serait donc équilibré dans le plus synthétique des mondes… C’est vite dit, car il y a les bombes à retardement. Martine Aubry bien-sûr. Certes, François Lamy son fidèle d’entre les fidèles a été nommé, aux affaires européennes, mais le fantôme de cette Première ministre potentielle absente n’a pas fini de hanter le paysage, et qui sait de surgir comme un recours, quand elle le jugera bon, c’est à dire quand il fera mauvais.

Et puis ce gouvernement qui affiche le rassemblement est d’abord une équipe socialo-socialiste. Certes on y trouve deux écologistes, Cécile Duflot et Pascal Canfin, on détecte une trace de radical de gauche, mais Chevènement n’est pas content, et le Front de gauche, écartelé entre le PC qui aimerait y aller, et Mélenchon qui ne veut pas y participer, n’est pas représenté.

Ce gouvernement c’est donc celui du Premier tour de la Présidentielle. 28% des électeurs. Il est peut-être synthétique et habile, mais il a intérêt à être convaincant pour entrainer les 70%, qui n’y sont pas représentés…

Références

L'équipe

Hubert Huertas
Production
Caroline Bennetot
Collaboration