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Le Sarkozy nouveau n’est pas arrivé hier soir. L’homme qu’on a vu à la télévision était tout en mesure dans la forme, comme celui du 14 janvier 2007, quand il a lancé sa campagne victorieuse, et sans surprise sur le fond, il a repris son interview du Figaro Magazine, samedi dernier, en défendant le référendum, et en parlant de la formation et des obligations des chômeurs. En revanche il n’a pas évoqué le référendum concernant l’immigration.

Une communication très intense avait donné à ce rendez-vous une dimension particulière, on attendait donc un moment clé, un choc, le mot a été répété en boucle ces jours derniers par les soutiens du Président, si bien que cette déclaration a pu paraître en deça de la main promise. Même le slogan, « La France Forte », emprunté au Valéry Giscard d’Estaing de 1981, courrait sur Internet depuis le début de l’après midi.

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De l’évocation de la crise pour justifier son bilan, à la prolongation de son bail au nom de l’expérience du capitaine, du référendum, à l’idée de valoriser le travail, du principe des droits et des devoirs, aux critiques de François Hollande sur la création de 60 000 postes d’enseignants, tout avait été souvent dit, depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs années.

En comparant cette déclaration de candidature à celles de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy rappelait à la fois le Mitterrand de 1988, et le Giscard de 1981. Mitterrand était venu sur le plateau d’un journal de 20 heures, lui aussi, et avait répondu « Oui » à la question de savoir s’il serait candidat. Nicolas Sarkozy a dit d’emblée, presque aussi sobrement : « Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle ». Valéry Giscard d’Estaing avait justifié son bilan en évoquant « la crise économique la plus grave que le monde ait connu depuis cinquante ans » et en expliquant que la France avait su faire face, Nicolas Sarkozy a eu presque les mêmes mots.

De sa future campagne, Valéry Giscard d’Estaing avait dit qu’elle n’était pas une épreuve, mais une délivrance, Nicolas Sarkozy a évoqué une forme de « soulagement », le premier avait dit son intention de parler d’homme à homme aux français, le second a exprimé sa hâte de « retrouver les français sans la lourdeur de la fonction de président de la république ».

Cette déclaration de candidature a-t-elle suffi à inverser la donne. Nous le verrons dans quelques jours. Il faudrait pour cela que quelque chose de neuf ce soit passé dans le regard des français, puisque l’homme d’hier soir, lui, le désormais candidat, était rigoureusement conforme, et au mot près, au Président qu’il est encore.

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Références

L'équipe

Hubert Huertas
Production
Caroline Bennetot
Collaboration