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Le bureau politique de l'UMP n'a suivi ni Nicolas Sarkozy ni Alain Juppé à propos de la législative partielle dans le Doubs dimanche mais c'est bien le maire de Bordeaux qui a marqué un point face au président de l'UMP.

Dès dimanche soir et lundi toute la journée, plusieurs cadres du parti donnent leur avis sur ce scrutin et sur la conduite à tenir avec le Front National comme Dominique Bussereau, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez, Nathalie Kosciusko-Morizet mais Nicolas Sarkozy ne réagit pas...

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En revanche, la prise de position d'Alain Juppé lundi soir l'oblige à faire monter ses proches puis à s'impliquer personnellement pour tenter - en vain - d'imposer sa ligne. Juppé a donné le tempo , Sarkozy a dû suivre le mouvement et cela n'est pas dans ses habitudes.

Par rapport au FN, Alain Juppé se pose en hériter direct de son père en politique, Jacques Chirac. Après les tâtonnements voire les compromissions de la droite avec le FN dans les années 80 et 90 - Dreux en 1983, la région Provence en 1986, le bruit et l'odeur en 1991 - Jacques Chirac a imposé une ligne claire reprise par Alain Juppé : pas d'alliance avec l'extrême-droite.

Juppé est donc un héritier mais il est aussi le père de l'UMP née dans la foulée du 21 avril 2002 et de la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. Par nature, en réunissant toutes les droites républicaines, l'UMP voulait couper court à la tentation frontiste de certains RPR ou UDF et à une élimination au premier tour. Alain Juppé premier président de l'UMP rappelle donc son bébé à ses origines et rappelle sur France 2 mardi soir qu’en 2002 la droite a accepté sans se pincer le nez les voix des électeurs de gauche.

Sauf qu'aujourd'hui, Alain Juppé trouve que l'UMP ne va pas assez loin en se contentant du ni-ni :"on a peut-être été (...) complaisants (...) ou pas assez agressifs avec le Front national" . Il y a sans doute là de la conviction mais aussi du calcul politique. Alain Juppé n'est pas un enfant de choeur et, comme Nicolas Sarkozy d'ailleurs, il pense que le FN pourrait l'emporter en 2017.

Sauf que le fils de Jacques Chirac et père politique de l'UMP s'émancipe de sa propre créature. En prenant cette position très ferme par rapport au FN, Alain Juppé s'éloigne d'une partie de l'électorat de droite beaucoup plus perméable aux idées extrémistes et se rapproche encore des centristes dans la perspective de la primaire ouverte l'année prochaine.

Une nouvelle fois, il joue le pays plutôt que le parti car il sait qu’au sein des adhérents UMP, il ne peut battre Nicolas Sarkozy. Juppé revient aux fondamentaux de l'UMP de 2002 mais en enjambant l'UMP de 2015...

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