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Le 1er tour se tiendra dans un mois exactement, le 22 mars prochain. Et au parti socialiste, on a beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, c'est une nouvelle défaite qui se profile, d'une ampleur dont on a bien du mal encore à mesurer les conséquences.La gauche dirige actuellement 61 départements, dont une cinquantaine pour le seul parti socialiste. "Si on en perd qu'une vingtaine, ce sera déjà bien" commente un responsable du PS. "Mais en réalité, il faut peut être envisager qu'une trentaine, voire une quarantaine de départements basculent. Et là, ça va faire mal ..." Le sondage que publie ce matin Le Figaro ne devrait pas rassurer les stratèges de la rue de Solférino. Puisqu'il donne le FN en tête à 30%, suivi de l'alliance UMP / Centristes à 28%. Vient ensuite le PS, 3ème, à une vingtaine de %.Et c'est là que ça se corse. Car pour accéder au second tour, il faut atteindre la barre de 12 et demi % des inscrits. Ce qui signifie, dans un contexte de forte abstention (la participation pour ce scrutin est mesurée aux alentours de 42 / 43%), qu'il faudra faire environ 29% pour se qualifier.Résultat, dans un grand nombre de cas, le PS, et la gauche d'une manière générale, risquent bien d'être éliminés dès le 1er tour.Le problème, c'est que la gauche part plus que jamais désunie pour ces élections. Dans la foulée des divisions qui sont une nouvelle fois apparues lors du vote de la loi Macron, le Parti de Gauche, le parti Communiste et les écologistes ont dans bien des cas décidé de faire cavaliers seuls, de "se compter" comme on dit dans ces circonstances. Au final, ce qu'on va pouvoir compter, c'est le nombre de candidats qui pourront ranger leur matériel électoral au soir du 1er tour, le 22 février. Car quoiqu'en dise Jean Luc mélenchon, on est très loin en France d'entrevoir un scénario politique à la grecque. Les différentes forces alternatives à gauche ne profitent pas de la désaffection pour le Parti Socialiste. Les écologistes comme le Front de Gauche plafonnent à 6 ou 7% des intentions de vote. Les conséquences de tout ça s'annoncent assez dramatiques, surtout pour le Parti Socialiste. Conséquences déjà financières. Car au PS, les élus sont tenus de reverser environ 10% de ce qu'ils gagnent. Et ça représente beaucoup d'argent : 15 millions d'euros chaque année pour le Parti Socialiste, un quart de son budget. La saignée s'annonce d'ores et déjà difficile à supporter.Mais les conséquences seront également politiques et à long terme. Car les élus, comme le personnel qui travaille dans les conseils de départements constituent en quelque sorte la structure même du Parti.Ce sont eux qui animent et qui font vivre les campagnes électorales. C'est aussi dans ce vivier local que les futurs cadres du parti, ceux qui pourraient devenir les futurs Manuel Valls ou Martine Aubry, font leur premières armes en politique. C'est donc une grande partie de l'avenir du PS qui se joue à travers ce scrutin départemental. Il y a quelques mois, Manuel Valls prédisait que la gauche pouvait "mourir". "La gauche", on ne sait pas. Le parti socialiste, en revanche, pourrait ressortir de ces élections dans un état de santé... plus que chancelant...