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La République cherche-t-elle un nouveau récit ? Voilà le thème des Matins de France Culture aujourd'hui mais comme souvent quand l'on veut réécrire un récit national, il est bon de se replonger dans les récits fondateurs. La République donc.La cohésion nationale, l'unité de la République et l'égalité entre français, la laïcité, les valeurs invoquées à propos du second tour dans le Doubs, hier en conférence de presse François Hollande a revendiqué haut et clair les grands fondamentaux de la République pour resserer un pays traumatisé par les attentats du mois dernier. Il repousse l'idée de statistiques ethniques et de communauté au nom de la République.Au coeur de ces grands principes, François Hollande pose la laïcité... Il ne la qualifie pas comme Nicolas Sarkozy qui parlait de "laicité positive" ou comme Alain Touraine qui en appellait en 1989 à une "laïcité ouverte". Pour François Hollande ce n'est ni un principe ni une formule, la laïcité selon lui "garantit les intolérances qui viendraient de l'intérieur et contre les influences qui viendraient de l'extérieur".Cette articulation entre le global et le local est au coeur du propos du président de la république. Plutôt que réécrire un nouveau récit de la République, il se replonge dans ses origines quand la République se voulait un modèle universel destiné à propager les valeurs de la Révolution dans une Europe monarchique ou impériale. Bien sûr, le chef de l'Etat n'a pas vocation à exporter notre modèle mais tout au long de son propos, il entremêle les enjeux intérieurs et extérieurs. "Un pays faible ne peut pas être une nation forte dans le monde" dit François Hollande qui a déjà engagé la France au Sahel en Irak, qui doit rencontrer ce vendredi Vladimir Poutine à Moscou et qui attend beaucoup de la conférence de Paris sur le climat."Quelles sont les nations qui pèsent ? Qui peut prendre une décision au niveau du monde ?" demande le chef de l'Etat qui s'étonne encore de l'auto-dénigrement des Français et qui confère donc à notre pays une place de choix.

François Hollande renoue donc avec le récit originel de la République, cette vision universaliste d'une France soudée et cohérente à l'intérieur et ambitieuse à l'extérieur sauf que pour l'instant l'échec économique intérieur est patent... François Hollande l'a redit hier : c'est sur le chômage qu'il sera jugé. Mais il nuance lui-même sa propre mise en garde : la baisse du chômage ne signifie pas la fin des extrémismes. Comme si le nouveau récit républicain en France et dans le Monde supplantait peu à peu la priorité des Français : l'emploi. Une question finalement très peu évoquée hier.

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