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A Minsk l’on attend la signature et le contenu d'un accord sur la situation dans l'est de l'Ukraine mais déjà, l'on note un rapprochement spectaculaire entre François Hollande et Angela Merkel depuis un mois.
Juste après les attentats en région parisienne, la chancelière propose de venir manifester à Paris, c'est elle qui donne le "top départ" à ce rassemblement inédit de chefs d'Etats et de gouvernements marchant contre le terrorisme bras-dessus bras-dessous. La semaine dernière, c'est presque bras-dessus bras-dessous qu'ils sont partis à Kiev et Moscou et les voilà à Minsk espérant un accord de paix en Ukraine. Après la foudre sur l’avion du président français pendant son premier voyage à Berlin, c’est le coup de foudre tout court entre Hollande et Merkel. On est loin de "la tension amicale" théorisée en avril 2013 par François Hollande.

Comme en 1982 lors de la crise des missiles Pershing et SS20, la France et l'Allemagne renouent spectaculairement et se retrouvent à propos de l'attitude à adopter face à Moscou. Souvenons-nous aussi d'Angela Merkel posant sa tête sur l'épaule de François Hollande à l'Elysée le 11 janvier, l'image vaut bien celle de Kohl et Mitterrand main dans la main à Verdun.

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Mais il y a aussi le revers de la médaille : ce duo franco-allemand montre une nouvelle fois qu’il n’y a pas de diplomatie européenne : quid de la Grande-Bretagne, de la Pologne, des pays baltes et d’Alexis Tsypras qui fait les yeux doux à Moscou ? En s’alignant sur l’Allemagne François Hollande risque aussi de rompre avec une diplomatie française traditionnellement bienveillante avec la Russie, voire russophile qui avait un rôle à part dans le dialogue avec Moscou.

Sur le plan intérieur, même si la diplomatie a rarement des effets dans ce domaine, François Hollande risque de fâcher un peu plus Jean-Luc Mélenchon très pro-Poutin. Il ne trouvera pas grâce non plus aux yeux de cette frange de la droite - Sarkozy, Fillon et les souverainistes - qui juge la Russie et son président maltraités et mal considérés. L’UMP préférera toujours se moquer du retard à l’allumage de François Hollande dans la crise ukrainienne « cela aurait dû être fait beaucoup plus tôt, * reconnaît un bon connaisseur de ces dossiers au Parti Socialiste, Nicolas Sarkozy avait mieux géré l’affaire de l’Ossétie du Sud à l’été 2008 ».*

Mais la convergence est là, sur la diplomatie, sur l'économie les finances et le budget, sur la Grèce Hollande facilitera le dialogue entre Athènes et Berlin mais n'ira pas plus loin dans le sens d'Alexis Tsipras.

Après Merkozy voici Merkollande !

D'ailleurs la visite de l'ancien président à Berlin le 26 janvier dernier s'est faite bien discrètement. Nicolas Sarkozy a rencontré Angela Merkel présidente de parti et pas comme chancelière au siège de la CDU et pas à la Chancellerie.