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Nous nous sommes trompés. Jusqu’à mardi midi nous pensions que la loi Macron serait adoptée par un vote des députés. En réalité elle a été adoptée via le 49-3 malgré tous les efforts déployés par le ministre de l'Economie.

Emmanuel Macron n'a pas ménagé son temps en commission et en séance publique, les députés de tout bord ont salué sa cordialité et sa disponibilité sauf... sauf qu'il n'a lâché que sur les tarifs des notaires et sur le secret des affaires et pas sur le travail du dimanche. Il s’est montré « faible avec les forts et fort avec les faibles » nous confie un député socialiste de l’aile gauche. Cela a braqué les frondeurs radicalisés par la prise de position de Benoit Hamon dimanche soir qui lui, prépare activement le congrès du PS à Poitiers en juin prochain.

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La loi serait peut être passée avec l'apport de quelques voix UMP et UDI, un scénario improbable pour Manuel Valls qui l'a redit mardi à l'Assemblée : « il n'y a pas de majorité alternative » . Imaginez le symbole aux yeux de la gauche de la gauche : la loi du banquier Macron adoptée grâce à Hervé Mariton, Thierry Mariani et Frédéric Lefebvre !

Il a donc choisi l'arme de dissuasion massive.

Le recours au 49-3, la perpétuation du clivage droite-gauche, l'échec de la coproduction législative ; trois fondamentaux prouvant plus que jamais nous sommes sous la Vème République.

A Matignon, avant d'être Premier ministre, Manuel Valls a été conseiller de Michel Rocard et Lionel Jospin. Le premier a eu fréquemment recours au 49-3, le second jamais mais Valls et Hollande ont choisi : finie la négociation, vive la Constitution ! Sauf que dans le cas présent, l’exécutif a donné une impression de fébrilité en utilisant ce fusil à un coup et en confondant autorité et autoritarisme, cette autorité revendiquée par le premier ministre hier soir sur TF1 qui a d’abord parlé de terrorisme et d’intégration, comme pour ressusciter un esprit du 11 janvier bel et bien évaporé du palais Bourbon.

Beaucoup de frondeurs PS rappellent que leur combat n'est pas seulement économique ou social, ils parlent d'une démarche institutionnelle, comme Laurent Baumel auteur de Quand le parlement s'éveillera . Mardi le gouvernement a envoyé les députés au lit sans manger mais il n'est pas certain que Hollande, Macron et Valls aient si bien dormi que cela.

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