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*"Ceux qui veulent faire du gauche/Front National le centre de la vie publique ont tort. Ceux qui veulent oublier le Front National au nom du clivage central UMP/PS sont en retard d’un combat (…) Nous sommes entrés dans un autre monde (…) dans une nouvelle donne tripolaire". * Voilà ce que déclarait il y a un peu moins d’un an Christophe Cambadélis entre les deux tours d’élections municipales qui ont vu le FN gagner une quinzaine de villes. Dimanche soir, après la courte victoire de son candidat dans le Doubs, Cambadelis devenu entre-temps premier secrétaire du PS disait même craindre "un 21 avril aggravé en 2017 qui pourrait voir le FN l'emporter".

C'est un fait : la France est entrée dans le tripartisme ou plutôt dans la tripolarité : depuis 2002 un candidat FN s’est déjà retrouvé en duel face aux partis de gouvernement traditionnels dans tous les scrutins et parfois il l’a emporté. Dimanche, malgré une participation en forte hausse il a failli s'imposer en Franche-Comté.

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Le tripartisme sous la Vème République c’est l’équivalent d’un enfant qui découvre les formes et les volumes et qui voudrait faire entrer un rond dans un carré ou un triangle dans un losange : ça peut rentrer mais à condition de forcer et l'on sent bien que quelque chose ne va pas.

En instaurant la Vème République - sa présidentielle à deux tours et son scrutin majoritaire - le Général De Gaulle a organisé la bi-polarité entre droite et gauche empêchant le parti communiste et les centristes d’arriver sans alliés au pouvoir. Aujourd’hui, l’extrême-droite a pris la place du PCF et ne semble plus avoir besoin d’alliés pour remporter des élections…

La machine du scrutin majoritaire est donc en train de se gripper et rend fous les deux partis traditionnels, l’UMP s’écharpe sur le ni-ni et le candidar socialiste dans le Doubs tient un discours de quasi-défaite demandant "au personnel politique de se remettre en cause".

A très court terme, dans un mois et demi, il est possible qu'aucune majorité absolue ne se dégage dans certains conseils départementaux et il faudra des alliances. Que fera alors le parti d'extrême-droite et surtout que feront le PS l'UMP et leur alliés ? Accepter les voix du FN ou bien conclure un accord de gestion droite-gauche ?

A plus long terme, si Marine Le Pen est au second tour en 2017 et quel que soit le résultat final, les législatives qui suivront donneront-elles une majorité au Président ou à la Présidente ?

En 1958 les institutions avaient étouffé le tri-partisme. Soixante ans après le tri-partisme prendra-t-il sa revanche ?