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C'est un événement un peu hermétique à qui n'est pas solférinologue mais le parti socialiste a passé une étape importante dans la préparation de son congrès qui se tient du 4 au 7 juin à Poitiers : celle des contributions.

Samedi, 27 contributions ont été déposées et leurs signataires ont jusqu'au 11 avril pour les fusionner ou pas et les transformer en motions qui pourront à leur tour fusionner au congrès. Le premier signataire de la motion majoritaire deviendra premier secrétaire.

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Vingt-sept contributions sur la table, c'est "assez important" reconnaît Jean-Christophe Cambadélis et c'est la preuve de la timidité de chaque sensibilité grosso-modo les pro-gouvernement et la gauche du parti. Il y a par exemple la contribution Cambadélis et celle des socio-libéraux comme Gérard Collomb qui approuvent la ligne actuelle de l'exécutif et à gauche celles du duo Emmanuel Maurel / Marie-Noëlle Lienenmann et de Benoît Hamon avec en plus un texte commun des frondeurs puisque l'on peut signer plusieurs contributions sans oublier le texte de Martine Aubry et celui des députées Karine Berger et Valérie Rabaut.

Que nous prouve cet éclatement des différents courants ? Que l'esprit du 11 janvier brandi par François Hollande pour amadouer ses oppositions de droite et de gauche a fait son petit effet au parti socialiste. Au niveau des contributions, personne n'a voulu organiser un combat frontal entre "pro" et "anti Hollande". Pour un député qui soutient fortement la loi Macron "le congrès se dégonfle. Hollande veut emballer le match. La gauche de la gauche n'est pas en recomposition mais en décomposition. Elle a encore moins d'espace" .

A gauche, un membre du bureau national reconnaît que le Président a retrouvé de la crédibilité mais pour lui c'est juste une question de temps : "les départementales et surtout Martine Aubry seront les juges de paix du congrès".

Pourquoi les départementales ? Si elles ne se passent pas si mal pour le PS comme dans le Doubs avant-hier, la gauche du parti pourra difficilement parler d'un désaveu pour le gouvernement.

Pourquoi Martine Aubry ? Vues son aura et les troupes qu'elle peut lever derrière elle, elle est l'arbitre du congrès : aller avec Cambadélis ou aller avec une motion plus frondeuse.

A l'aile droite comme à l'aile gauche, nos interlocuteurs envisagent toujours une scission avec le départ des élus les plus à gauche mais pour l'instant le temps est comme suspendu. L'union nationale s'estompe entre droite et gauche mais la retenue prévaut encore au PS.

L'esprit du 29 mars - jour du second tour des départementales - supplantera-t-il celui 11 janvier en cas de vague bleue ?

Quant à l'esprit de Martine Aubry nul ne sait – et sans doute pas elle – vers où et comment il soufflera !

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