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Après le désaveu d'Alain Juppé et Nicolas Sarkozy par le bureau politique ce mardi soir, l'UMP se retrouve sans stratégie collective.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé en décembre 2014
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé en décembre 2014
© Reuters - Charles Platiau

Ni chef ni ligne, ni Sarkozy ni Juppé car mardi soir le bureau politique a désavoué les deux ténors en prenant position pour le ni-ni traditionnel, ni FN ni parti socialiste. Voilà donc l'UMP sans stratégie collective qui se fragmente en tactiques personnelles autour d'une législative partielle à 60% d'abstentions au premier tour !

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Prenons Alain Juppé qui voterait socialiste s'il était concerné. En 1990, il met Alain Carignon en congé du RPR car ce dernier appelle à voter PS contre le FN dans une élection cantonale puis en septembre 2013 il défend le vote blanc. Certes, Juppé et les circonstances ont changé mais aujourd'hui le chantre de l'identité heureuse braconne au centre et au centre-gauche en vue de la primaire ouverte.

Prenons François Fillon. En 2011 il appelle « à voter contre le Front National » et après la défaite de 2012 juge le FN « en dehors des limites du pacte républicain (…) une différence d'approche irréconciliable » entre Sarkozy et lui. Aujourd'hui, il prône le ni-ni, l'ex-gaulliste social a choisi, il se veut thatchérien en économie et de plus en plus à droite en politique.

Prenons Bruno Le Maire. En octobre dernier il qualifie le FN de parti « d'extrême-droite » mais aujourd'hui il penche pour le ni-ni. Lui aussi pense qu'il faut mettre un coup de barre à droite pour se démarquer de Juppé et pour attaquer Sarkozy de face.

Le retour de Nicolas Sarkozy devait être celui d'un chef fait pour « chefer » comme aurait dit Jacques Chirac. Mais non, il regarde passer les tweets, les articles et les communiqués de presse, il subit les interviews à la télé et à la radio. Dès lundi matin, sa numéro 2 Nathalie Kosciusko-Morizet et son numéro 3 Laurent Wauquiez ont défendu à titre personnel des positions diamétralement opposées.

Celui dont ses proches nous rappelaient « la réactivité » dans les crises de l'euro et de l'Ossetie du Sud a mis 48 heures mettre au vote deux propositions et être désavoué par son propre bureau politique ! Plutôt que trancher, Nicolas Sarkozy tente de composer et plutôt que communiquer dans les media il fait dire et laisse parler les autres. Un chef illisible et invisible – et donc inaudible – qui ne décide pas, qui ne parle pas publiquement, qui fait du François Hollande. A croire que sa première expérience de chef de file de l'opposition parlementaire lui fait découvrir les joies des circonlocutions et de la synthèse improbable…

Il y tout de même un avantage à toute cette confusion : elle a presque fait passer au second plan la mise en examen de Jean-François Copé liée au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur pourrait se dire le chef de l'UMP.