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Nicolas Sarkozy est-il fâché avec la temporalité ? Celui qui a rappelé hier soir son expérience de président, ses 35 ans de vie politique et qui s'est dit inquiet pour le futur de la France a-t-il du mal à se situer dans le temps ? Oui, je vous répondrai oui.

Hier soir, nous l'avons retrouvé tel qu'en lui même. Energique et volubile, avec des tics et des tressaillements qui redoublaient pendant un extrait de la conférence de presse de François Hollande. Nous l'avons aussi retrouvé dans le temps présent, fâché avec le passé, et pas pressé de l'avenir. Le présent ? Il brosse un tableau peu reluisant de la France mais pertinent quand il rappelle François Hollande à ses promesses et qu'il évoque le décrochage de certains citoyens voire de certaines zones entières du pays, ce qui nous rappelle notre émission mardi dernier avec le géographe Christophe Guiluy.

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Le passé ? Il l'effleure. Pas eu une bribe d'inventaire hier soir, juste un minima mea culpa sur certains mots, certaines expressions qu'il aurait employés mais sans jamais dire lesquels d'ailleurs. L'ancien Président revient sur les fautes de forme plutôt que sur les erreurs de fond. 500 milliards de dette et 28 milliards d'impôts en plus, un mal nécessaire face à la crise. 750.000 chômeurs supplémentaires, une conséquence de la crise. Pas la peine d'insister sur le passé, il n'y aura ni examen de conscience ni analyse politique. A propos de l'avenir, Nicolas Sarkozy est candidat. Mais à quoi ? Il parle très peu de l'UMP juste pour dire qu'il changera tout en 3 mois et il ne cite même pas ses concurrents Le Maire et Mariton. Il préfère parler de la France et éreinte François Hollande, expliquant qu'il ne se résoudrait pas à l'alternative entre socialisme et Front National. Mais alors quelle offre politique ? L'ancien chef de l'Etat explique que depuis 2 ans et demi il a beaucoup réfléchi et qu'il a rencontré des Français. Il a fait savoir qu'il a reçu des politiques, des chefs d'entreprises, des artistes, des intellectuels, des économistes, bref de quoi lui donner de la matière sauf qu'hier Nicolas Sarkozy n'a pas émis une seule idée, pas formulé une seule proposition pour l'avenir ! Au point même de ne pas répondre à deux questions simples : pour ou contre le maintien des primaires à droite en 2016 ? Pour ou contre l'abrogation du mariage pour tous ? Celui qui a beaucoup réfléchi doit encore y réfléchir.

Nicolas Sarkozy tente cette ultime pirouette : "il est plus facile de promettre que de tenir" et pense "qu’il est temps de réintroduire le référendum" . Une promesse de candidat à la Présidence de la république et pas à celle de l'UMP. Chez Nicolas Sarkozy la confusion des temps est aussi celle des élections.

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