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Alors qu’Emmanuel Macron séduit de plus en plus de ministres, de parlementaires et de Français si l’on en croit les sondages, Montebourg s’efface peu à peu du paysage politique.

Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg
© Reuters - Benoit Tessier

Arnaud Montebourg refait parler de lui en cette fin de semaine. Jeudi, Rue 89 nous apprend que l'ancien ministre a déposé les statuts de son entreprise à Paris, baptisée « Les équipes du made in France ».

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Mercredi, l’AFP révèle qu’il va donner une série de cours de macro-économie à partir de lundi à Princeton « il va partager son expérience au sein du gouvernement français » précise son entourage à, une expérience dont il a fait part à Mediapart en faisant publier 4 notes qu'il avait transmises à François Hollande pour lui demander de réorienter la politique économique de la France.

« Ces notes il a dû les vendre » nous confie grinçant un député hollandais, cette boutade montre les inimités qu'Arnaud Montebourg suscite au PS y compris sur l'aile gauche où certains n'ont jamais admis qu'il soutienne François Hollande à la primaire contre Martine Aubry puis qu'il intrigue pour installer Manuel Valls à Matignon. Ce même proche de François Hollande ironise « qui sont les montebouriens aujourd'hui ? »

Il faut dire que l'étendard est difficile à porter. En novembre 2013 le ministre du redressement productif se mobilise pour sauver Mory Ducros moyennant 2.800 licenciements sur 5.000 postes avec 500 embauches dans le secteur public en contrepartie. Aujourd'hui Mory est en redressement judiciaire et seuls 10 anciens ont été embauchés à la Poste, Geodis et la RATP...

Chez Alstom ce n'est guère plus brillant. En juin dernier, au-moment du rachat par General Electric, il promet que l'Etat sera le premier actionnaire d'Alstom. Mais L'Opinion nous explique que cela est aujourd'hui impossible car c’est contraire à la réglementation des marchés financiers, oubliée donc la belle promesse…

Côté politique, même le conseil général de Saône-et-Loire qu’il a présidé et où il est encore élu pourrait basculer à droite aux prochaines municipales…

Alors qu’Emmanuel Macron séduit de plus en plus de ministres, de parlementaires et de Français si l’on en croit les sondages, Montebourg s’efface peu à peu du paysage politique, il n’entretient même pas l’idée d’un retourcomme cet autre avocat de talent charismatique mais changeant, Jean-Louis Borloo.

Professeur d’économie aux Etats-Unis, chef d’entreprise à Paris, Arnaud Montebourg découvre-t-il que sa démondialisation était un leurre ou bien au contraire tente-t-il de les appliquer par lui-même ? Et si ce colbertiste converti à l’entreprise, ce trublion qui avait donné tant de fil à retordre à Lionel Jospin entre 1997 et 2002, découvrait qu’en matière d’économie, l’Etat ne peut pas tout ?

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