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Les deux hommes se retrouvent tout à l'heure, en fin de matinée, à l'Elysée, pour un sommet franco-italien où il sera question de valider le chantier de la ligne TGV Lyon / Turin, d'évoquer l'épineuse question libyenne et de faire le point sur le dossier ukrainien. Puisque Matteo Renzi a décidé de se rendre à Moscou et à Kiev début mars pour tenter d'aider un peu la France et l'Allemagne, bien en peine, face à un Vladimir Poutine de plus en plus incontrolable.Tous les deux incarnent la social-démocratie au pouvoir, à la tête de deux des plus importants pays de l'Union Européenne. Et si l'on compare la situation dans laquelle ils se trouvent respectivement l'un et l'autre, on s'aperçoit qu'il y a certaines similitudes.Ils sont à la tête de deux pays englués dans une crise économique interminable avec une dette à la limite du supportable (même s'ils réussissent à emprunter à des taux très bas sur les marchés pour la financer).Et tous les deux mènent une politique centriste, faite de pragmatisme et de volonté réformatrice, afin d'adapter leurs pays respectifs à une mondialisation galopante qui bouscule les certitudes et les idéologies sur la base desquelles se sont construites nos vieilles démocraties.Tous les deux s'y sont mis en même temps. Matteo Renzi est arrivé au pouvoir il y a tout juste un an. Et François Hollande, même s'il est à la tête du pays depuis presque 3 ans, a entamé son virage social-démocrate seulement en début d'année dernière.

Et il y a une forme de concurrence entre les deux hommes. Lequel des deux réussira le premier à faire repartir la machine ? lequel trouvera le bon dosage à glisser dans le moteur, entre un peu de carburant libéral et un peu d'huile à caractère social pour faire passer les réformes ? Pour l'instant, difficile à dire, même si, à l'heure ou l'on parle, les deux hommes n'ont pas tout à fait les mêmes cartes entre les mains.Parce que là où ça diverge, c'est sur le plan politique. François Hollande a repris sa descente aux enfers dans les sondages. Tandis que Matteo Renzi caracole en tête des enquêtes d'opinion. Le seul homme en Italie plus populaire que lui est le tout nouveau président Sergio Matarella, que Renzi a contribué à faire élire, et qui n'a quasiment aucun pouvoir.Hollande doit faire face à une fronde sur son aile gauche qu'il semble avoir de plus en plus de mal à contenir. Et les règles institutionnelles l'empêchent de se rallier une partie du centre et du centre droit qui lui permettraient de compenser, et de se constituer une majorité qui correspondrait à sa politique. Du côté de Renzi, rien à voir. Il s'est rallié le centre droit en nommant Angelino Alfano au ministère de l'intérieur. Il a détruit l'opposition, à droite, en ridiculisant Silvio Berlusconi à l'occasion de l'élection du président de la République fin janvier. Il a réussi à museler son aile gauche, qui n'est plus que l'ombre d'elle même, et qui reconnait en privé le génie politique de ce jeune loup aux dents longues qui ne s'embarrasse d'aucune morale pour arriver à ses fins. Quant à l'extrème droite, elle est en progression mais ça reste limité. La ligue du Nord a beaucoup de mal à s'implanter dans les régions Sud de l'Italie et plafonne à 15% dans les sondages.Renzi n'a donc quasi pas d'opposition pour mener sa politique. Hollande, lui, doit se contorsionner pour continuer à faire exister sa majorité. Alors s'il y a une politique social-démocrate qui doit réussir, c'est peut-être plutôt du côté de l'Italie qu'elle a le plus de chances de s'imposer.. Reste à savoir si cette politique est à même de répondre à la crise ? et de convaincre des populations qui, dans les deux pays, se montrent de plus en plus désabusées et se tournent de plus en plus vers l'abstention lors des élections...

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