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A priori, rien... L'une est discrète, pondérée, s'exprime dans un français policé. L'autre non...L'une est à gauche, dans la nébuleuse écologiste. L'autre est à droite, tendance sarkozyste, en déshérence et en plein dérapage incontrôlé...Barbara Pompili est députée, élue dans la Somme et n'a jamais été ministre.Tandis que Nadine Morano a exercé deux fonctions ministérielles et est élue au parlement européen de Strasbourg...

Barbara Pompili,  en avril 2015 à Paris.
Barbara Pompili, en avril 2015 à Paris.
© Maxppp - Christophe Petit Tesson
Nadine Morano, 2012
Nadine Morano, 2012
© Reuters - Benoît Tessier

Ah si !Si l'on se penche sur leur arbre généalogique, on s'aperçoit que le grand père de Barbara Pompili était un mineur venu d'Italie. Tandis que du côté de Nadine Morano, c'est sa mère qui était d'origine italienne. Du Piedmont pour être plus précis.Mais bon, en dehors de ça, pas grand chose de commun, donc...Si ce n'est qu'elles font toutes les deux l'actualité politique.Barbara Pompili, co-présidente des Verts à l'Assemblée, vient d'annoncer qu'elle quitte Europe Ecologie les Verts. Elle n'est plus en accord avec la ligne. Ligne incarnée par Cécile Duflot qui emmène le parti, de plus en plus, vers la gauche alternative et protestataire... Nadine Morano, elle dans une dérive très droitière, est en passe de se voir retirer son investiture pour les élections régionales. Elle était jusqu'ici tête de liste dans le département de Meurthe et Moselle. Mais suite à ses propos définissant la France comme un pays "judéo-chrétien de race blanche", le chef de file "Les Républicains" dans la région Grand Est, Philippe Richert, a exigé qu'on l'exfiltre manu-militari. Car sa petite sortie médiatique menaçait de dynamiter l'accord électoral que ce dernier avait scellé avec les centristes...Bref, toutes les deux sont en voie de marginalisation au sein de leur formation politique respective. Il est là, le lien..."Oui. Bon. Et alors ?... On parle là de deux tempêtes dans un verre d'eau ?!"...C'est vrai. Il n'y a là rien de majeur, susceptible, en soi, de bouleverser la donne sur l'échiquier politique...Mais si vous regardez bien. Qu'est-ce qui est la cause de ces deux mises à l'écart, l'une volontaire, l'autre involontaire ?Le Front National. Dans les deux cas. Barbara Pompili s'en va parce qu'elle n'est pas d'accord sur la stratégie à adopter face à la montée du Front National. Ceux qui se disent encore "Verts" rêvent d'un sursaut électoral qui va les porter au pinacle et leur permettre de commencer à construire la société idéale qu'ils imaginent. Barbara Pompili leur répond que "Non. C'est irréaliste. Ils courent au précipice"...De l'autre côté, Nadine Morano est gentiment éconduite parce qu'elle a cru pouvoir emboîter le pas de son mentor pour aller maladroitement emprunter la réthorique sulfureuse de l'extrème droite. Le patron de l'UDI, Jean Christophe Lagarde, l'a qualifiée de "porte-parole du Ku Klux Klan". Et potentiellement, c'est toute la stratégie d'alliance de la droite avec le Centre qui s'en trouvait fragilisée. Nicolas Sarkozy n'avait pas d'autre choix que d'écarter sa turbulente adminiratrice...Si l'on met en parallèle ces deux évènements et qu'on observe la situation d'un point de vue plus global, on s'aperçoit qu'il y a là quelque chose qui n'a plus rien d'anedoctique.Le Front national, soit par l'attirance, soit par la répulsion qu'il suscite, est en train de réorganiser, par petites touches, la carte politique...Pour prendre une image, les cas Morano et Pompili pourraient être comparées à des bombes anti-personnelle. Prises individuellement, elles ne produisent que des effets limités... En réalité, par leur multiplication, elles peuvent produire des dégâts considérables...C'est ce qui est en train de se passer. A gauche comme à droite. On a, au présent et dans l'avenir, tout un tas de petites bombes anti-personnelles qui explosent ou qui menacent d'exploser...Et les deux camps qui se partagent, alternativement, l'exercice du pouvoir en France sont potentiellement en voie d'être atomiser.Alors, bien sûr, on n'en est pas là. On n'en est qu'aux prémices. Et il est encore difficile de voir la portée de ce qui est en train de se passer. Et quel camp sera le plus touché. Mais la droite, comme la gauche, ferait bien de ne pas prendre à la légère ce qui, pour l'instant, parait être des micro-évènements...

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