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Le congrès du Parti Socialiste à Poitiers, au printemps dernier, était censé avoir tout régler. Tout clarifier...Quelques mois plus tard, à l'issue de l'université d'été qui vient de s'achever à la Rochelle, le constat est sans appel. C'est le désordre qui règne, plus que jamais, dans les rangs socialistes, la confusion la plus totale, à 3 mois des régionales et à un an et demi de l'élection présidentielle.Déjà, curieusement, celui qui apparait comme l'un des principaux animateurs de cette université d'été, c'est un homme qui non seulement n'est pas encarté au PS mais qui, en plus, n'était pas présent à la Rochelle : le ministre de l'économie, Emmanuel Macron. Sa sortie devant le MEDEF, jeudi, qui s'apparentait à une remise en cause des 35 heures, a animé les débats tout au long du week-end. Résultat : Macron a été copieusement sifflé par un certain nombre de jeunes militants socialistes, tandis que Christiane taubira était encensée. Ce qui a conduit Manuel valls a effectué un recadrage dans son discours de cloture, hier : "Pas question de revenir sur le temps de travail" a déclaré le 1er ministre. Valls qui, pour le coup, a endossé le costume de "rassembleur" de son propre camp, alors qu'il continue d'incarner le courant social-libéral, le plus à droite au sein du Parti Socialiste...Pendant ce temps là, les frondeurs frondent toujours, mais refusent de quitter le PS et prétendent encore réorienter la ligne politique de François Hollande et de son gouvernement...Ce qui n'est pas le cas des Verts qui, eux, semblent définitivement perdus pour la majorité socialiste. Les démissions du député, François de Rugy, et du sénateur, Jean Vincent Placé, précipitent ce qui reste de la bande à Cécile Duflot vers une alliance avec le Front de gauche de Jean Luc Mélenchon...Et pour couronner le tout, on a vu ce week-end l'ancien socialiste, Jean Pierre Chevènement, lui l'un des artisans du Rassemblement de la Gauche autour de François Mitterand lors du congrès d'Epinay en 1971, s'afficher aux côtés du souverainiste de droite Nicolas Dupont Aignan.Tandis que l'économiste proche de l'extrème gauche, Jacques Sapir, préconisait la création d'un "Front de Libération National", qui intégrerait le FN de Marine Le Pen, pour organiser la sortie de la France de la zone euro...Le tableau, vous le voyez, est singulier, surprenant. Il témoigne du fait que la gauche, en France, est dans un état de fragmentation très avancé. Et on a bien du mal à imaginer comment pourraient se concrétiser les appels à l'unité et au rassemblement...