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Les plus habiles de nos responsables publics voient la vie politique comme une succession de "périodes", de "temps", de "séquences", qu'il faut savoir identifier, qu'il faut savoir anticiper, et surtout qu'il faut savoir enfourcher au bon moment. Ni trop tôt. Ni trop tard...

Ludwig von Beethoven, Partition manuscrite autographe, Finale der Sonate für Hammerklavier op. 106, vers 1815
Ludwig von Beethoven, Partition manuscrite autographe, Finale der Sonate für Hammerklavier op. 106, vers 1815
© Radio France

Pour les élections régionales, par exemple, "c'est maintenant que ça commence" explique un responsable du parti Socialiste... "Avant, ça ne servait pas à grand chose de s'échiner. Surtout pour des élections comme celle-ci. La plupart des français s'en désintéressent et n'y comprennent rien". Mais "à 6 semaines du scrutin, là, il faut y aller. C'est maintenant que ça va se cristalliser"..."D'ailleurs, poursuit-il, c'est une des raisons pour lesquelles on a organisé notre référendum à la mi-octobre (le référendum sur le rassemblement de la gauche face au Front National). Avec l'effondrement du socialisme municipal, l'effritement du réseau de militants, il fallait remobiliser ceux qui restent, leur réapprendre à faire campagne, les envoyer sur les marchés, distribuer des tracts, discuter avec les gens. Un peu comme une répétition générale. Et au final, vous voyez, ça n'est pas si mal. 250 000 personnes ont voté. Ca veut dire qu'on peut encore mobiliser"..."Et vous allez voir, conclue-t-il, dans un optimisme un peu forcé, que cette campagne peut encore révéler quelques surprises"...Le bon tempo,C'est aussi ce qu'a identifié Marine Le Pen qui commence tout juste à organiser des réunions publiques sur le terrain, en Nord Pas de Calais Picardie. Elle était en fin de semaine dernière à Oisemont, dans la Somme. Elle sera, après demain, à St Quentin, dans l'Aisne...Mais pour elle, il ne faut pas trop en faire. Il faut y aller "moderato". Déjà parce qu'elle n'a pas de problème de notoriété, elle n'a pas besoin de se faire connaitre... Parce qu'elle est la favorite dans les enquêtes d'opinion. Elle n'a pas besoin de vendre de programme. Il lui faut juste continuer à surfer sur la vague... Et puis parce qu'elle a un double agenda. Les régionales bien sûr. Mais surtout la présidentielle en 2017. Et elle ne doit pas se tromper de campagne en se démultipliant sur le terrain. Il lui faut conserver son envergure nationale...Le véritable début de la campagne pour les élections régionales en cette fin octobre, c'est aussi la raison pour laquelle vous ne voyez plus, ou quasiment plus, médiatiquement, les candidats à la primaire de la droite en 2016... Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, disparus. Ou presque. Alors bien sûr, ils se rendent sur le terrain, dans les régions, soutenir un certain nombre de candidats. Mais ils ne courrent plus les médias nationaux. Parce que ça n'est pas leur tempo, et parce le résultat des régionales au mois de décembre aura tout changé. Le paysage politique sera transformé. En particulier si le FN remporte une ou deux régions. Et il faudra alors s'adapter à la nouvelle situation...Au niveau national, donc, tout est suspendu à ce moment, à ce temps, des élections régionales. Et le seul qui a véritablement, et pleinement, le droit d'exister médiatiquement en dehors de cette "séquence", c'est François Hollande...François Hollande qui se rend aujourd'hui en Lorraine pour dresser une "mise en perspective des réformes de la fin du quinquennat". Lui, les régionales, il ne s'en occupera qu'après, en fonction des résultats. Et en fonction de son propre agenda : la présidentielle en 2017...Et puis il y a aussi Nicolas Sarkozy qui s'autorise à exister en dehors de cette séquence électorale. Mais vous l'aurez remarqué, c'est à l'international puisqu'il est aujourd'hui à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine... C'est son statut très particulier d'ex-président de la République qui le lui permet. Il connait Poutine. Ca contrarie François Hollande. Ses adversaires à droite ne peuvent pas se le permettre. Ca lui permet aussi de flatter une partie de son camp, à droite, très russophile. Et peut être même de concurrencer Marine Le Pen sur ce terrain là. De montrer que lui rencontre Poutine. Tandis qu'elle, quand elle va en Russie, n'est reçue que par le président de la Douma...Le bon tempo, en politique, c'est aussi, quand on en a les moyens et l'opportunité, de pouvoir dicter son propre agenda...

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