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Marine Le Pen se retrouve, encore une fois, à la Une de l'actualité politique. Elle est partout, dans les journaux, ce matin. Et ça, à cause d'une émission de télévision à laquelle elle n'a pas participé...

Norme Francaise
Norme Francaise

Elle a en effet décidé d'annuler sa venue, hier soir, à l'émission "Des Paroles et des Actes" sur France 2, dénonçant une "mascarade" suite aux modifications de dernière minute effectuées par la chaine...Je ne vous refait pas le match. Jean Christophe Cambadelis et Nicolas Sarkozy s'en sont mêlés, interpellant le CSA, lequel a recommandé à France 2 de donner le même temps de parole aux adversaires de Marine Le Pen dans le Nord Pas de Calais Picardie.Dans la foulée, la chaine a donc invité Xavier Bertrand et Pierre de Saintignon, sans décommander les autres contradicteurs.Résultat : Patatras. L'occasion était trop belle pour la présidente du FN de dénoncer les "magouilles du système" et la collusion entre le PS et Les Républicains. "Débrouillez-vous, je ne viendrai pas" a-t-elle indiqué par communiqué de presse, en début de soirée. Obligeant le présentateur David Pujadas a un exercice d'excuses contrites et embarrassées à la fin du journal de 20 heures. "Nous sommes désolés, mais c'est son choix. On essaiera de faire mieux la prochaine fois"...Alors, outre la question que cet épisode pose sur ces émissions de télévisions de plus en plus organisées pour faire le buzz et où les responsables politiques servent essentiellement de punching ball...L'autre question est de savoir si le Parti Socialiste et Les Républicains n'ont pas commis une erreur politique en plaçant ainsi, une nouvelle fois, Marine Le Pen au centre du débat...Eh bien non. Je crois bien que ce n'est pas le cas. Au contraire. C'est même de façon savamment réfléchi que chaque camp désigne le FN comme son principal adversaire. Car c'est un combat en trompe l'oeil qui se déroule là sous nos yeux médiatiquement ébahis...Le véritable combat se déroule en coulisses. Entre le PS et Les Républicains. Et plus précisément entre les candidats putatifs de chaque parti, François Hollande et Nicolas Sarkozy...Chaque camp présente le FN comme son principal adversaire pour essayer d'affaiblir l'autre, de le marginaliser. Car pour eux, toute la question est de savoir qui sera au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen, laquelle, pensent-ils, a déjà son ticket. L'affaire est pliée depuis belle lurette...Et il n'y a quasiment aucun risque à la faire monter. Car elle ne peut pas gagner au second tour...Pourquoi ? A cause des vieux, des personnes âgées, des sexagénaires, septuagénaires, octogénaires et autres nonagénaires...La France est un pays vieillissant. 15 millions de retraités, ça va en s'accroissant. Et ce sont des gens particulièrement zélés sur le plan civique. Ils votent. Beaucoup plus que les jeunes. A tel point que leur poids électoral représente presque un tiers des votants...Et il est assez notable de remarquer que si le vote Front National progresse dans à peu près toutes les tranches d'âge, jusqu'à 60, 62, 64 ans. A partir de 65 ans. A partir de la retraite donc, terminé ! Ca s'effondre. On ne vote plus pour le FN...Ca se vérifie à toutes les élections. Même aux européennes l'an dernier pourtant considérées comme des élections défouloires. Marine Le Pen n'a fait qu'un petit 16% contre 25% sur l'ensemble de la population...La raison est qu'à partir de la retraite, vous devenez conservateur... il faut gérer le patrimoine, il faut maintenir les pensions, ne surtout pas changer le système...Or que propose Marine le Pen ? De sortir de l'euro. De renverser la table. De faire la révolution. "Oulala. Mais qui va payer la sécurité sociale ?"...De la même manière, les retraités sont globalement en faveur de réformes libérales pour booster l'économie (Bah oui, il faut bien les payer les pensions). Or là encore, Marine Le Pen a fait machine arrière par rapport à son père. Elle veut un Etat fort. Son programme ressemble presque à celui de l'extrème gauche...Alors elle peut bien envoyer balader David Pujadas, François Hollande, Nicolas Sarkozy et "tout le système" comme elle dit. Nos vieux sont là. Et ils veillent au grain...

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Stéphane Robert
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