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C'est un casse-tête pour l'Etat Major du PS.Que faire si, au lendemain du 1er tour des élections régionales, le Parti Socialiste arrive 3ème derrière la droite et le Front National ?

manif anti front national
manif anti front national

A priori, ça concerne essentiellement deux régions, le Nord Pas de Calais Picardie et la région PACA, là où Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal ont des chances de s'imposer.Les candidats socialistes doivent-il se retirer pour faire gagner la droite au nom du Front Républicain, et du même coup disparaitre du paysage politique régionale pour les 6 années qui suivent ?Ou bien doivent-ils se maintenir au risque de confier les clefs de ces deux régions au FN, et surtout d'en être tenus pour responsables ?... La question a été posée par le Journal Le Monde dans son édition datée d'hier et d'aujourd'hui. Et le moins que l'on puisse dire est que nos confrères du Monde ont appuyé là où ça fait mal. Coup de sang du premier sécrétaire, Jean Christophe Cambadelis, qui a accusé le journal de vouloir "faire la peau du Parti Socialiste". Et puis grosse colère, également, de Julien Dray, invité hier de nos confrères d'Europe 1, qui a indiqué, très énervé, à Jean Pierre Elkabbach qu'il n'avait "pas du tout envie de parler de ça"...Cette question, elle est dans toutes les têtes au PS depuis des semaines voire depuis des mois. Jusqu'ici les responsables de la rue de Solférino éludaient gentiment. "On verra bien, nous disait-on. Attendons les résultats. C'est entre les deux tours qu'on avisera"...Mais à mesure qu'approchent les échéances, ils peuvent de moins en moins se cacher derrière leur petit doigt. C'est un piège qui les attend là. Et si ce n'est pas le pied gauche qu'il s'y font prendre, ce sera le pied droit.Cambadelis avait d'ailleurs tenté d'anticiper la chose, il y a quelques semaines, quand il avait déclaré que face à la droitisation des discours de Xavier Bertrand et de Christian Estrosi, il n'était plus question d'envisager de Front Républicain...Mais on voit bien que le débat est loin d'être tranché et que c'est une grosse épine dans le pied...Car c'est une question de morale pour le PS. Lui qui a si souvent brandi cet argument face à la droite. Et qui a fait du Front National l'ennemi politique numéro 1. Comment, dans ces conditions, assumer la responsabilité de lui faire gagner une région ?Nicolas Sarkozy d'ailleurs l'a bien compris. C'est la raison qui l'a poussé à effectuer un rapprochement tactique, la semaine dernière.Il a accepté de parler au téléphone avec Cambadelis alors que jusqu'ici, il faisait semblant de ne pas le connaitre. Et il s'est dit d'accord avec son analyse pour considérer que les médias, et notamment France 2 dans son émission "Des Paroles et Des Actes", accordait trop de place à Marine Le Pen. En langage sarkozyste, ça veut dire : "Nous sommes d'accord, au PS et chez Les Républicains, pour considérer que le véritable adversaire, c'est le FN. N'est-ce pas Monsieur Cambadelis ?"... Mais il n'y a pas que pour le PS que cette affaire est un dilemne. Pour François Hollande également, dans la perspective de la présidentielle...Pour Hollande, une victoire du Front National dans une ou deux régions offrirait l'espoir de ressouder la gauche. Ca lui permettrait de dire : "Vous voyez ce qui se passe quand nous sommes divisés ? C'est le FN qui l'emporte"...Mais d'un autre côté, ce serait un problème. Car ça affaiblirait Nicolas Sarkozy qui dans son camp, à droite, n'apparaitrait plus comme celui qui porte la victoire et fait office de rempart face à Marine Le Pen. Et la bataille pour la primaire en serait d'autant plus incertaine...Or François Hollande a besoin de Nicolas Sarkozy comme adversaire au 1er tour en 2017. Il a besoin du rejet qu'il suscite encore et toujours dans l'opinion pour avoir une petite chance d'être réélu. Si ce n'est pas Sarkozy, ce sera très compliqué...Alors que faire ? La question, apparemment, n'est pas tranchée. Et elle ne manquera de susciter d'autres réactions épidermiques quand elle sera reposée...

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Stéphane Robert
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