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Ah ça! Il est content, Jean Christophe Cambadelis. "C'est pas le Flop, c'est le Top" a-t-il déclaré, hier soir, en annonçant le chiffre de la participation à son référendum sur le rassemblement de la gauche en vue des élections régionales. Rendez-vous compte ! 250 000 personnes ont voté...

Oui et non du référendum grec
Oui et non du référendum grec
© Radio France - Isabelle Chaillou

Enfin. Peut-être un peu moins. Vu qu'il semblerait que certains aient pu voter plusieurs fois. Et que d'autres aient reçu un mail de confirmation alors qu'il n'ont pas pris part au scrutin...Mais quand même ! 250 000 votants ! c'est 3 fois plus que le nombre de militants encartés au Parti Socialiste.Oui. Officiellement, ils sont 130 000 au PS. En réalité beaucoup moins... "Mais ça c'est à cause de la crise. Un certain nombre d'entre eux n'ont plus les moyens de payer leurs cotisations"... "Comment ça c'est de la mauvaise foi ?"... "Non, on ne peut pas vous montrer les chiffres. C'est compliqué, vous savez. Il faudrait vérifier, fédération par fédération. Mais je vous assure. On est encore nombreux au Parti Socialiste"... "Et puis de toute façon, vous avez vu cette participation ?! 250 000 ! Ca nous laisse une sacrée marge de progression"... "Et puis le résultat ! 90% de "Oui" !...Officiellement, donc, selon le PS, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles...En réalité, personne n'est dupe. La manoeuvre politicienne de Cambadelis a été éventée depuis belle lurette.Il s'agit d'anticiper la défaite qui s'annonce aux régionales et d'en faire porter la responsabilité aux anciens partenaires qui ont fait défection : Europe Ecologie Les Verts, le Parti Communiste, le Parti de Gauche...Il s'agit aussi de préparer l'après : le rassemblement de la gauche en vue de 2017. Et même au delà. En cas de défaite à la présidentielle... Cambadelis prétend là ériger les fondements d'une formation politique qui dépassera le seul Parti Socialiste. Avec ses amis du Parti Radical de Gauche. Et puis avec les petits nouveaux qui ont tenu ce week-end leur congrès fondateur : "l'Union des Démocrates et Ecologistes" de Jean Luc Benhamias, Jean Vincent Placé et François de Rugy... Oui. Au sein de la gauche de gouvernement, on pense déjà à la reconstruction...Mais auparavant, il faudrait peut-être se pencher sur le sens profond de cette consultation population qu'on a pompeusement baptisée référendum. Sur ce qu'elle révèle de l'état des forces politiques en France. Et ce qu'elle révèle, c'est un terrible aveu d'impuissance. Impuissance à mobiliser les foules. Impuissance à convaincre la population... Comme en décembre, c'est une grosse déconvenue qui s'annonce pour le Parti Socialiste, eh bien on organise un scrutin préalable qui permet d'afficher une victoire. A 90% s'il vous plait !...De la même manière, Nicolas Sarkozy organise des votes au sein de son parti "Les Républicains" à l'issue de journées thématiques, depuis la rentrée. Il y en a eux deux. Un sur l'immigration, l'autre sur le droit du travail. Et à chaque fois, les militants ont validé à 90% ses propositions... Là encore, c'est parce qu'il est en difficulté, Nicolas Sarkozy. Parce qu'il n'arrive pas à s'imposer comme le chef inconstesté de l'opposition à droite, qu'il organise ces consultations...(Au passage, Marine Le Pen a fait la même chose quand elle a voulu ejecter son père de la présidence d'honneur du Front National...)Et si on regarde bien, on s'aperçoit que depuis quelques années, les consultations populaires ont tendance à se multiplier en dehors des rendez-vous électoraux. Par exemple, on a eu les primaires à gauche en 2011, on aura les primaires à droite en 2016...Et il faut comprendre ça à la lumière de la baisse régulière de la participation aux différentes élections. Comme il y a une perte de légitimité des responsables et des formations politiques au fil des différents scrutins, on la recherche ailleurs, cette légitimité, en organisant d'autres consultations, moins officielles, plus informelles. Et beaucoup plus vaines, évidemment... Tout ça est le signe que le débat politique est en train de se désincarner et de s'atomiser. Et que notre démocratie n'est pas en très bonne santé...

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Stéphane Robert
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