François Hollande en tribunes pour France - Allemagne, le 7 juillet 2016.
François Hollande en tribunes pour France - Allemagne, le 7 juillet 2016. ©Maxppp - Stéphane Guiochon
François Hollande en tribunes pour France - Allemagne, le 7 juillet 2016. ©Maxppp - Stéphane Guiochon
François Hollande en tribunes pour France - Allemagne, le 7 juillet 2016. ©Maxppp - Stéphane Guiochon
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Ne leur dites pas que c'est du sport, ils croient que c'est de la politique. Depuis hier soir, les responsables publics se plaisent à s'immiscer dans la victoire de la France contre l'Allemagne. Chacun essaye d'y glisser sa patte, son raisonnement, sa vision.

Exemple avec ce tweet, il y a quelques instants, de Jean-Luc Mélenchon :

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C'est une photo d'Angela Merkel, qui grimace, accompagnée de cette légende : "morale du match : l'adversaire invincible n'existe pas pour ceux qui veulent vaincre". Allusion évidemment au rapport de force franco-allemand en Europe, et à ce traité budgétaire que François Hollande avait renoncé à renégocier face à Berlin.

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François Hollande, justement. Le chef de l'Etat est sans doute le champion incontesté de cette discipline qui consiste à mélanger le football, la communication et la politique.

De même que Jean-Pierre Papin a ses papinades, Jean-Pierre Raffarin a ses raffarinades, François Hollande a... ses métaphores sportives. C’est en général, assez peu subliminal, bien appuyé.

Illustration : quand on l'interroge sur la position de favori dans un tournoi... C'est l'ancien monsieur 3% dans les sondages qui répond :

Billet politique 1 - Attention au favori

3 sec

François Hollande dans l'Oeil du tigre, chez nos confrères de France Inter. Le président français parvient même à faire passer un message lorsqu'il célèbre Panenka... Panenka, c'est l'auteur de ces pénalties, qui trompent le gardien, parce que le tir est volontairement tout mou.

Billet politique 2 : Le ballon mou

6 sec

Et après les métaphores incertaines, les corrélations oiseuses... L'entourage de François Hollande fait remarquer que tous les compétitions gagnées par l'équipe de France de foot : 1984, 1998, 2000, l'ont été sous des gouvernements de gauche.

Pourquoi cette instrumentalisation ?

Dans cette vaste crise de confiance institutionnelle, il est prêté au football des vertus que la politique n’a pas ou n’a plus : la cohésion populaire, le rassemblement, la représentation d’une nation. Souvenez-vous de 1998, l'équipe Black Blanc Beur était censée symboliser l'intégration, le dépassement du racisme.

Le football, solution aux fractures de la société, à la morosité, ou même comme l'a soutenu Nicolas Sarkozy, le « football solution à la crise ».

Le ballon rond est donc devenu une affaire d’État au sens premier du terme. Un remède incertain aux maux que l’on ne sait pas guérir.

Je vous laisse avec deux chiffres : 19,2 millions. C’est le nombre de téléspectateurs sur TF1, hier soir, pour France-Allemagne. 19 millions : c’est le total des électeurs français qui se sont déplacés aux urnes aux dernières européennes.

[Edit 9h15 : l'audience de France-Allemagne]