"Je préfère mes convictions à mon parti", a justifié Guillaume Peltier.
"Je préfère mes convictions à mon parti", a justifié Guillaume Peltier.
"Je préfère mes convictions à mon parti", a justifié Guillaume Peltier. ©AFP - Guillaume Souvant
"Je préfère mes convictions à mon parti", a justifié Guillaume Peltier. ©AFP - Guillaume Souvant
"Je préfère mes convictions à mon parti", a justifié Guillaume Peltier. ©AFP - Guillaume Souvant
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Résumé

L'ex-numéro 2 des Républicains devient porte-parole de "Reconquête", le parti d'Eric Zemmour.

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C’est un coup de tonnerre, un tournant, un séisme ! Guillaume Peltier quitte LR pour Eric Zemmour.

Un événement hautement imprévisible, tant l’homme s’illustre par sa constance : ce n’est jamais que le cinquième mouvement politique différent que Guillaume Peltier rejoint en deux décennies de vie publique !

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Il est passé du Front national, à Bruno Mégret puis Philippe de Villiers, avant de se convertir au sarkozysme et de gravir les échelons de la droite.

On galéje, mais tout le monde n’a pas ri chez LR.

“Bon débarras !” ont réagi, hier soir, plusieurs hiérarques du parti. Les mêmes n’avaient pourtant jusqu’ici jamais paru s’opposer à l’ascension de Guillaume Peltier, ce quadragénaire au visage juvénile.

Sa faconde et son sens de la formule, il faut dire, ont fait oublier son CV, ont escamoté son bilan électoral pour le moins contrasté.

Pour Guillaume Peltier, cela a pris plus de temps de s’implanter dans une circonscription que sur les plateaux de télévision.

Ces derniers mois, son étoile avait pâli. Soupçonné de pousser en interne pour une ligne toujours plus à droite. En somme, de faire de l’entrisme... contre le centrisme.

En politique, on connaît la maxime “qui a trahi, trahira”....

C’est vrai que ces défections de campagne tiennent vite de l’anecdote périmée.

D’ailleurs, on peut noter que Guillaume Peltier ne porte pas chance à ceux qu’il rejoint : successivement Mégret 2002, Villiers 2007, et Sarkozy 2012. Tous ont perdu.

Un autre expert en changement de camp, autrement plus illustre, Talleyrand, a eu la phrase suivante : “je porte malheur à ceux qui me négligent”. Pour Peltier, c’est visiblement l’inverse.

Cela dit, sur le plan des idées, le ralliement à Eric Zemmour est cohérent.

Guillaume Peltier proclame depuis toujours son amour immodéré du drapeau, de la nation ; il voit une France qui est d’abord un long manteau d’églises et de villages, de bourgs et de faubourgs, de PMU et de PME.

Voici pourquoi il redouble d’attaques contre Emmanuel Macron, forcément vu comme le candidat des centre-villes, des bobos européistes, et des métropoles mondialisées.

C’est aussi par cette opposition féroce à Emmanuel Macron qu’il justifie d’avoir quitté Valérie Pécresse. Selon lui, la candidate LR est trop conciliante à l’égard du président sortant.

Elle refuse par exemple de dire qui elle soutiendrait au second tour, si elle-même n’y figurait pas.

Question piégeuse au sein des républicains. Jean-François Copé réclame une digue contre l’extrême-droite. Mais Eric Ciotti, finaliste de la primaire LR, voterait Zemmour contre Macron.

Le transfuge Guillaume Peltier symbolise en fait la bataille en cours entre la droite et le zemmourisme.

Leur électorat est proche ; tendanciellement, conservateur, aisé et âgé.

D’ailleurs, Eric Zemmour se revendique du RPR, le lointain ancêtre de LR.

Oui mais : Valérie Pécresse compte utiliser la candidature Zemmour. Elle espère qu’il prenne des voix à Marine Le Pen. Ce qui faciliterait un second tour Pécresse-Macron.

Un signe d’ailleurs : le principal argument mobilisé par la droite contre le zemmourisme n’est pas un argument de morale ou de programme ; c’est un argument électoral : “nous sommes mieux placés pour battre Emmanuel Macron”, répètent les ténors de LR.

Le départ de Guillaume Peltier traduit une dernière chose : la progressive désarkozïsation de la droite.

Peltier, c’était depuis 2012 l'œil de Moscou, placé là pour veiller sur l’appareil en attendant le retour de Nicolas Sarkozy.

Au sein de LR, la ferveur sarkozyste est déclinante, au rythme des années qui passent, des condamnations qui restent et des soutiens qui partent.

Références

L'équipe

Frédéric Says
Production