Emmanuel Macron au palais de l'Elysée le 14 février 2022
Emmanuel Macron au palais de l'Elysée le 14 février 2022
Emmanuel Macron au palais de l'Elysée le 14 février 2022 ©AFP - Ludovic MARIN
Emmanuel Macron au palais de l'Elysée le 14 février 2022 ©AFP - Ludovic MARIN
Emmanuel Macron au palais de l'Elysée le 14 février 2022 ©AFP - Ludovic MARIN
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Résumé

Si selon les sondages, Emmanuel Macron fait pour le moment figure de favori de la présidentielle, sa réélection est loin d’être acquise. Parce qu’il semble exister en France une règle qui veut que les électeurs sanctionnent systématiquement le dirigeant sortant.

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A moins de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron procrastine. Il n’est toujours pas officiellement candidat au renouvellement de son mandat.

Il fait comme beaucoup de ses prédécesseurs. Il profite le plus longtemps possible de la position dominante que lui offre son statut de chef de l’Etat. Ce qui a pour effet de geler, en partie, une campagne électorale dont les Français ont le sentiment, en son absence, qu’elle n’a pas encore vraiment démarré.

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Derrière cette attitude se cache, d’une part, la volonté de se tenir à l’écart de ses concurrents en les laissant s’entredéchirer, à gauche comme à droite, tandis que lui reste relativement épargné. 

D’autre part, ça lui permet de faire perdurer son statut de favori des enquêtes d’opinion, de continuer à profiter du crédit qui lui est fait d’avoir plutôt bien gérer la crise sanitaire.

Et puis, derrière cet atermoiement, il y a aussi une crainte. Il y a la crainte que sa déclaration de candidature entraine un petit décrochage dans les sondages et que ça enclenche une dynamique négative.

Car il y a un phénomène dont Emmanuel Macron sait qu’il s’exprimera immanquablement à l’occasion de cette élection. Il y aura, contre lui, un vote sanction.

Un vote-sanction touche celui qui exerce réellement le pouvoir

On sait que la défiance et la colère d’une partie de la population va s’exprimer d’une manière ou d’une autre et qu’elle représente un risque important pour le président sortant.

Pour y voir clair, examinons ce qui s’est passé pour ses prédécesseurs sous la Vème République. (On met de côté le cas particulier de Charles de Gaulle qui instaura en 1962 l’élection au suffrage universel direct)  

Pour les autres, donc, deux ont été réélus, Mitterrand et Chirac et deux ont été battus, Giscard et Sarkozy. Et puis un cinquième, François Hollande, a estimé qu’il n’était pas en mesure de présenter à nouveau sa candidature.

Ce qui fait qu’au vu de cet historique, on pourrait considérer que les chances pour un président sortant d’être réélu sont de 50%. En fait pas du tout. Pas du tout parce qu’on ne regarde pas ce qui s’est passé par la bonne focale.

Il ne faut pas se focaliser sur le cas du président de la République lorsque celui-ci se représente mais plutôt sur celui qui exerce réellement le pouvoir au moment de l’élection.

En 1981, c’est Giscard qui est au pouvoir. Il se représente et il est battu. En 1988, ce n’est pas François Mitterrand qui dispose réellement du pouvoir, c’est le premier ministre, Jacques Chirac, et c’est lui qui est sanctionné. Il n’obtient même pas 20% des suffrages exprimés.

En 1995, il n’y a pas de sortant. Chirac est élu. En 2002, là encore, ce n’est pas Jacques Chirac, le président sortant, qui exerce la réalité du pouvoir. C’est le premier ministre, Lionel Jospin. Et c’est lui qui subit les foudres des électeurs, n’accédant même pas au second tour de scrutin.

Par la suite, en 2012, Sarkozy est au pouvoir, il est battu. Et en 2017, François Hollande estime que la défaite est tellement certaine qu’il renonce à représenter.

Il y a donc une règle qui semble s’appliquer de façon immuable. Sous la Vème République, les Français éliminent systématiquement celui qui exerce le pouvoir, président ou premier ministre.

Références

L'équipe

Stéphane Robert
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