Emmanuel Macron a promis de revenir chaque année en Chine jusqu'à la fin de son mandat.
Emmanuel Macron a promis de revenir chaque année en Chine jusqu'à la fin de son mandat.
Emmanuel Macron a promis de revenir chaque année en Chine jusqu'à la fin de son mandat.  ©AFP - Ludovic Marin
Emmanuel Macron a promis de revenir chaque année en Chine jusqu'à la fin de son mandat. ©AFP - Ludovic Marin
Emmanuel Macron a promis de revenir chaque année en Chine jusqu'à la fin de son mandat. ©AFP - Ludovic Marin
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Résumé

"Je reviendrai".

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Quelle vie que celle d'un président ! Jamais au repos, nulle part en paix, vous devez enchaîner les déplacements. Les voyages diplomatiques. Les commémorations. Les visites de terrain, de courtoisie ou de travail. L'agenda présidentiel ressemble à ces valises trop remplies au moment du départ en vacances. Mais Emmanuel Macron s'est imposé une contrainte supplémentaire. Non seulement il se rend partout, mais en plus partout il promet d'y revenir. Ce fut encore le cas hier, où à peine arrivé en Chine pour une visite de 3 jours, il déclarait ceci :

"On ne dit pas, en une visite, la réussite d'un partenariat de confiance. (...) Pour cela je reviendrai au moins une fois par an en Chine tout au long de mon mandat".

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Le chef de l’État est en réalité assez adepte de ce type d'engagement. Comme l'avait noté l'Express, Emmanuel Macron avait aussi promis de revenir aux habitants de l'île de Saint-Martin, après le passage de l'ouragan Irma : 

"(une sinistrée) : - Je veux que vous reveniez dans un an. Et que vous voyiez.
(Emmanuel Macron) : - Je pense que je reviendrai même avant. Parce que ça fait tard, un an."

Le président a donc jusqu'au septembre prochain s'il veut tenir sa promesse. D'ici là, il devra aussi trouver une date pour venir s'exprimer devant le parlement comme il l'avait promis au mois de juillet dernier : "tous les ans, je reviendrai donc devant vous pour vous rendre compte". 

Différer la frustration des visites-express

« Je reviendrai » : par ces deux mots récurrents, Emmanuel Macron veut montrer qu'il a de la suite dans les actes. Il y a l'idée implicite que ses interlocuteurs peuvent être rassurés sur ses engagements : s'il compte revenir, c'est qu'il va les tenir. Ainsi, le candidat Macron s'était engagé, pendant la campagne, à rendre une autre visite aux salariés de l'usine Whirlpool, dans la Somme. Ce qui fut fait, cinq mois après son élection.

Dire "je reviendrai", c'est aussi un moyen d'évacuer la frustration liée au format de ces visites présidentielles : souvent très courtes, très rythmées, suivies par un essaim de caméras, les échanges s'en trouvent réduits au symbole. Promettre un retour, c'est différer la frustration. Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait pris l'habitude de s'adresser aux sympathisants restés à l'extérieur des salles de meeting, déjà pleines, avec ces mots : "je reviendrai".

Au delà de la simple posture de courtoisie, la promesse d'un retour vise aussi à instaurer l'idée de la permanence de l’État. Après avoir été "l'homme pressé", Emmanuel Macron veut montrer qu'il est maintenant l'homme de la durée et du temps long. En promettant de revenir chaque année, il instille l'idée subliminale qu'il est là et pour longtemps. Il tente aussi de démontrer que le chef de l’État a une prise sur l'urgence, qu'il organise les événements au lieu de les subir. 

Traditionnellement, lorsqu'un président revenait régulièrement à un endroit, il s'agissait de visites symboliques, presque intimes (on pense à la roche de Solutré pour Mitterrand). Cette fois, la promesse s'applique non pas à la vie personnelle, mais à la vie du pouvoir. Comme pour domestiquer son imprévisibilité. 

Attention, cela dit, à ne pas distribuer sans compter les promesses de retour et de visites annuelles. D'abord parce que cela peut générer des mécontentements, par exemple en diplomatie. Pourquoi la Chine, mais pas l'Inde ? 

Deuxième écueil : il faut ensuite tenir ces promesses. Chacune d'entre elles s'agglutine à une longue liste, et rend probable la tenue des précédentes. De la Chine à l'Assemblée, de Saint-Martin au Burkina Faso, les comptes "miles" de la présidence vont chauffer.

Références

L'équipe

Frédéric Says
Production