Emmanuel Macron présente son programme de candidat à sa réélection aux Docks d'Aubervilliers, près de Paris. Le 17 mars 2022.
Emmanuel Macron présente son programme de candidat à sa réélection aux Docks d'Aubervilliers, près de Paris. Le 17 mars 2022. ©AFP - Ludovic MARIN
Emmanuel Macron présente son programme de candidat à sa réélection aux Docks d'Aubervilliers, près de Paris. Le 17 mars 2022. ©AFP - Ludovic MARIN
Emmanuel Macron présente son programme de candidat à sa réélection aux Docks d'Aubervilliers, près de Paris. Le 17 mars 2022. ©AFP - Ludovic MARIN
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À trois semaines de l'élection présidentielle, le président sortant a présenté son programme aux Français, hier, depuis les Docks d'Aubervilliers. Il est apparu très confiant quant à l'éventuelle reconduction de son mandat.

Le président de la République, désormais candidat à sa réélection, a présenté hier, depuis les Docks d'Aubervilliers près de Paris, le programme qu'il soumet au suffrage des français pour les cinq années qui viennent.

Il confirme sa volonté de reporter l'âge de départ à la retraite à 65 ans. De relancer la filière nucléaire. Il veut débaptiser "Pôle emploi" et le rebaptiser "France Travail" et puis conditionner le versement du RSA, le revenu de solidarité active, à l'obligation de se former pour se réinsérer professionnellement.

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(Je vous laisse aller consulter sur internet la liste de toutes ses propositions. Elles seront par ailleurs recensées dans un document qui sera envoyé prochainement aux français dans leurs boites aux lettres.)

Cette présentation du programme a duré près de 4 heures. Avec d'abord, 1h30 consacrée à détailler les différentes mesures et le reste du temps dédié à répondre aux questions de quelques uns des 320 journalistes venus pour l'occasion.

Il a été questionné sur sa manière d'exercer le pouvoir. N'est-il pas trop jupitérien ? prenant des décisions dans son bunker, à l'Elysée, presque en solitaire, lors de conseils de défense dont personne, hormis les quelques participants, ne sait ce qu'il s'y raconte ?  C'est vrai, a-t-il reconnu, mais il assume :

J'assume totalement cela. Je pense que la pire des choses, c'est l'indécision. Et avec ça, il y a les responsabilités qui vont. Si les Françaises et les Français considèrent que j'ai mal décidé, ils décideront de se passer de moi. C'est le rendez-vous qui est là.

C'est donc aux français qu'Emmanuel Macron estime avoir à rendre des comptes, pas à ses concurrents qui aspirent eux aussi à devenir président ou présidente. 

C'est la raison pour laquelle il a confirmé qu'il ne participera à aucun débat avant le premier tour :

Aucun de mes prédécesseurs en fonction, se représentant à l'élection, n'a fait un débat. Soyons sérieux. Soyons sérieux. Pourquoi faudrait-il que les choses changent pour moi ?

Pas de débat. Pas de confrontation, donc. C'est une manière pour lui de montrer qu'il ne se situe pas au même niveau que les autres, qu'il ne joue pas dans la même cour.

Le résultat est qu'au cours de cet exercice est apparu, petit à petit, le fait qu'Emmanuel Macron n'a pas d'adversaire. Ou plutôt qu'il considère, lui, ne pas avoir véritablement d'adversaire dans cette campagne.

Par exemple, aux accusations qui lui sont faites d'avoir copier le programme de tel ou tel candidat, en particulier celui de Valérie Pécresse sur les retraites, il répond que ce n'est pas son affaire. Que son projet à lui est dans la continuité de l'action qu'il mène depuis 5 ans à la tête du pays. Et que ce n'est pas à lui de se différencier des autres mais aux autres de proposer des projets différents et alternatifs.

Quant à la question de savoir s'il se serait droitiser au fil du quinquennat (ça c'est une accusation qui vient plutôt des candidats de gauche), il répond qu'il ne s'inscrit pas plus en 2017 qu'aujourd'hui dans un clivage droite - gauche qu'il considère toujours comme appartenant au passé :

Ecoutez. Ca fait cinq ans qu'on dit "ça tirerait plutôt à droite, ça retire plutôt à gauche". Je m'en fiche. Royalement. Totalement. Présidentiellement. J'assume sur ce sujet, pour tous ceux qui en convoquent les mânes et les lares, d'être assez gaulliste.

Emmanuel Macron s'inscrit donc dans la lignée de ses illustres prédécesseurs. Il a cité De Gaulle, il a cité Mitterrand, il a cité Chirac et personne d'autre. Uniquement, donc, des présidents qui ont été réélus à l'issue de leur premier mandat. 

C'était en quelque sorte un peu comme s'il était certain d'accomplir le même destin. D'ailleurs, il n'envisage pas la défaite. La question lui a été posée. Que ferait-il s'il était battu ?  Et il a répondu :

Ce n'est pas une coquetterie de vous dire que je ne me suis pas vraiment, intimement, posé la question.

Il est ressorti de cette prestation, hier, beaucoup d'assurance. Cette élection, pour lui, n'est pas un scrutin au cours duquel les Français vont faire le choix d'un candidat parmi d'autres. Elle est un référendum. Un référendum pour ou contre sa réélection. Et ce référendum, compte tenu de la guerre en Ukraine et de l'effet drapeau qu'elle génère ( déjà évoqué ici-même), il en est le grand favori. Il le sait.

D'ailleurs, à l'issue sa prestation, hier, il a très vite quitté ses habits de candidat pour ré-endosser son costume de président, confiant, avant de s'éclipser, devoir partir parce qu'il avait vingt minutes pour rentrer à l'Elysée et téléphoner à Justin Trudeau, le premier ministre canadien.

L'équipe

Stéphane Robert
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