Pendant deux heures, le chef de l'Etat est revenu sur son mandat, reconnaissant des erreurs : "j'ai appris".
Pendant deux heures, le chef de l'Etat est revenu sur son mandat, reconnaissant des erreurs : "j'ai appris". ©AFP - Ludovic Marin
Pendant deux heures, le chef de l'Etat est revenu sur son mandat, reconnaissant des erreurs : "j'ai appris". ©AFP - Ludovic Marin
Pendant deux heures, le chef de l'Etat est revenu sur son mandat, reconnaissant des erreurs : "j'ai appris". ©AFP - Ludovic Marin
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Le chef de l'Etat a analysé son bilan et ses erreurs, hier soir, dans une longue interview sur TF1 et LCI.

Nous étions à mi-chemin entre la consultation chez le psy et la confession religieuse. Pendant près de deux heures, hier soir, Emmanuel Macron a été invité à s'auto-analyser et à expier ses péchés. 

Trois fauteuils, un écran dans la salle des fêtes de l'Elysée. Deux intervieweurs, Audrey Crespo-Mara de TF1 et Darius Rochebin de LCI, qui lui font visionner des moments symboliques du quinquennat. Les maladresses, les phrases polémiques et les mots méprisants.

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On pourrait dire que le chef de l'Etat a été soumis au test de Rorschach, cet exercice psychologique où l'on vous montre des taches - et vous devez dire ce que vous y discernez. 

Ici, ce sont les taches de son mandat qu'Emmanuel Macron a dû commenter. Retour par exemple sur le moment où il affirme face à un jeune qu'il suffit de traverser la rue pour trouver un travail. 

"Il y a des mots qui peuvent blesser. Et je pense que ce n'est jamais bon. C'est même inacceptable, le respect fait partie de la vie politique. Et donc j'ai appris (...).          
- Qu'est-ce que cela dit de vous ?          
- La volonté de transgresser. De bousculer. De ne pas céder à une forme de conformisme". 

En somme, un semi-mea culpa. Le chef de l'Etat regrette le ton, mais pas forcément le fond. 

Sur son fauteuil présidentiel, il assume sa politique pro-entreprises. Il confirme le bien-fondé d'une réforme des retraites à venir. Il revendique d'avoir supprimé en partie l'impôt sur la fortune. Ce qui suscite cette nouvelle introspection : 

"Moi je n'ai pas d'obsession à l'égard de l'argent. C'est à dire : Ni ne l'adore, ni ne le hais" 

Le rapport à l'argent est ainsi exploré. Il ne manque que la relation aux parents, à la famille. On pense à cet instant à l'expression clichée des communicants. Il faut "fendre l'armure". 

Ce à quoi s'attache Emmanuel Macron, qu'on imagine presque, là encore, allongé sur un divan :

"J'ai appris au côté des Français... sans doute à mieux les aimer. J'avais parlé de bienveillance en 2017, mais parfois j'ai été dur, impétueux... Je suis quelqu'un d'affectif, qui le cache. Je suis plutôt quelqu'un de très humain, je crois". 

Autrement dit, il y a un cœur qui bat derrière le costume présidentiel ; une humanité derrière l'énarque ; une empathie derrière l'ambition. 

Cela ne l'empêche pas d'envoyer quelques piques à ses futurs concurrents. Sans la nommer, il critique Valérie Pécresse sur la suppression de postes de fonctionnaires. Il met en garde Eric Zemmour contre le risque de guerre civile. 

Certes, le chef de l'Etat ne dévoile pas ses intentions pour 2022 ; mais après une telle séance d'analyse, elles sont transparentes. 

Emmanuel Macron le sait : pour retrouver son fauteuil, il lui fallait passer sur le divan.

Frédéric Says