François Bayrou s'exprime sur le perron après son entretien avec F. Hollande ©Radio France
François Bayrou s'exprime sur le perron après son entretien avec F. Hollande ©Radio France
François Bayrou s'exprime sur le perron après son entretien avec F. Hollande ©Radio France
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Résumé

Discret, le leader centriste n'en espère pas moins être dans la course pour 2017.

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C'est vrai qu'on l'avait presque oublié. Il sera pourtant, en 2017, le candidat le plus capé : quatrième présidentielle de suite, un record depuis qu'Arlette Laguiller a passé la main. Quatre candidatures, c'est plus que Chirac et plus que Mitterrand en leur temps.

Alors pour l’instant, François Bayrou avance masqué : il affirme qu’il soutiendra Alain Juppé s’il est désigné par la droite. Une affirmation qui fait rire - en privé - jusqu’à ses propres amis. Ils savent que le président du Modem est certain de son destin national... et qu’il fait le pari qu’Alain Juppé ne sortira pas gagnant de la grande lessiveuse qu'est cette primaire à droite.

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Pour autant, avec ce CV de candidat éternel, comment s’imposer politiquement dans une époque qui réclame du renouveau ? Comment conjurer ce constat empirique, qui veut que le centrisme et l’élection présidentielle ne soient guère compatibles. "Président centriste", ça a tout de suite l’air d’un oxymore…

Et pourtant, François Bayrou dispose d’atouts non négligeables…

Et ce malgré le gâchis : 18% des voix en 2007 ; deux députés aujourd’hui (qui ont d’ailleurs pris leurs distances). Pour autant, si l’on se retourne sur ces dernières années, on s’aperçoit pourtant que François Bayrou a souvent défriché des thématiques, reprises ensuite par d’autres.

Par exemple, cette idée que le clivage droite-gauche est surjoué... Et que des personnalités des deux bords peuvent travailler ensemble. Le constat est aujourd'hui partagé d'Emmanuel Macron à Nathalie Kosciusko-Morizet.

Même chose sur la dette publique. Il fut l’un des seuls à faire campagne sur ce thème, pendant que la gauche n’y voyait pas de problème et que la droite n’y voyait pas de solution.

Enfin, qui se souvient que François Bayrou vitupéra contre le mélange des genres chez les grands groupes industriels, qui sont aussi propriétaires de médias... ? C'était bien avant que Vincent Bolloré et Patrick Drahi fassent leurs emplettes dans la presse française. C'était en 2007, en direct sur le plateau de Claire Chazal sur TF1, chaine détenue par le groupe Bouygues :

François Bayrou / Claire Chazal (billet politique)

20 sec

Ceux qui ont raison avant les autres sont souvent agaçants, François Bayrou est très agaçant.

Alors que lui manque-t-il ? D’abord sans doute de s’entourer, car à l’exception de Marielle de Sarnez, il a fait le vide autour de lui… Même les inconditionnels ont fini par comprendre, que dans une campagne, lui faisait tout, et les autres faisaient le reste.

Il lui faut ensuite parvenir à convaincre que le centrisme est une solution pour la France, elle qui penche vers les extrêmes, extrême-droite, extrême-gauche et surtout extrême abstention.

Il lui faut enfin en finir avec la malédiction centriste : des candidats souvent hauts dans les sondages, car ils attirent des électeurs des deux bords... Avant de tout perdre dans les urnes, chacun votant finalement pour le candidat de son camp. C’est d’ailleurs ce qui devrait faire réfléchir Emmanuel Macron, qui à défaut d'être centriste, se rêve central.

Références

L'équipe

Frédéric Says
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