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Résumé

François Hollande peut trouver des motifs d'espoir à l'issue du premier tour de la primaire.

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A première vue, le déroulement de la primaire "de la droite et du centre" est le pire scénario pour la gauche. Ce fut une réussite démocratique, avec une participation massive. 4 millions de votants, mieux que la primaire PS-Parti radical de gauche en 2011 (2,7 millions). Ensuite, le choix est net. L'Elysée espérait discrètement des scores serrés, une famille politique coupée en deux (ou en trois). Voire, dans le meilleur des cas, une nouvelle édition de la guerre des chefs : contestation des résultats et accusations de fraudes mutuelles.

Rien de tout cela. L'avance considérable de François Fillon (15 points de mieux qu'Alain Juppé, plus de 700 000 voix d'écart) a tué toute possibilité de protestation.

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Enfin, l'Exécutif gardait l'espoir que la primaire de droite salirait son vainqueur. Que le gagnant sortirait de la bataille couvert d'hématomes. A l'image de François Hollande en 2011. Les attaques du camp Aubry lui étaient restées collées au costume ("quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup").

Comme personne n'a vu venir François Fillon, personne ne l'a vraiment attaqué. Ce n'est que ce matin que ses adversaires semblent découvrir le contenu de son programme, économiquement libéral et sociétalement conservateur.

François Hollande, qui est souvent qualifié d'éternel optimiste, peut pourtant trouver des motifs de satisfaction...

D'abord celle de la prime à l'expérience. C'était aussi l'une des questions posées par cette primaire de la droite : l'ancienneté ou le renouveau ? Les scores ont tranché : les trois candidats arrivés en tête ont été premier ministre ou président. Les représentants revendiqués de la nouvelle génération, Bruno Le Maire ("le renouveau") et Nathalie Kosciusko-Morizet ("la nouvelle France"') sont relégués à 2,5 % chacun.

Ensuite, le triomphe de François Fillon ravive le clivage gauche-droite. Alain Juppé était sans doute un adversaire plus difficile à prendre de front : l'identité heureuse du maire de Bordeaux ne jure pas avec le vivre-ensemble prôné par François Hollande. Avec François Fillon, la bataille est plus nette. Elle permet de remobiliser une gauche de gouvernement en lambeaux.

"Au secours la droite revient", alertaient les socialistes en 1986. "Elle revient et en plus elle prévient", ajoute aujourd'hui Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS. Ce week-end, c'est effectivement le programme le plus à droite qui l'a emporté. Une aubaine pour François Hollande, accusé par une partie de son camp de ne pas être de la "vraie gauche". La thérapie de choc promise par François Fillon ferait presque passer François Hollande pour un collectiviste convaincu.

Enfin, et c'est le motif de satisfaction le plus diffus : le score surprise de François Fillon montre l'extrême volatilité de l'électorat, l'imprévisibilité des scores, et même la tendance à rejeter les scénarios pré-établis. De ce point de vue, si être favori est devenu un handicap, François Hollande n'a jamais été aussi bien placé.