Candidat indépendant à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer a appelé ce week-end à "déjouer les pronostics", après un sondage très défavorable.
Candidat indépendant à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer a appelé ce week-end à "déjouer les pronostics", après un sondage très défavorable.
Candidat indépendant à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer a appelé ce week-end à "déjouer les pronostics", après un sondage très défavorable.  ©AFP - Capture d'écran - Twitter
Candidat indépendant à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer a appelé ce week-end à "déjouer les pronostics", après un sondage très défavorable. ©AFP - Capture d'écran - Twitter
Candidat indépendant à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer a appelé ce week-end à "déjouer les pronostics", après un sondage très défavorable. ©AFP - Capture d'écran - Twitter
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Résumé

Le sondage, cet éternel souffre-douleur des campagnes électorales.

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Si les sondages pouvaient parler, ils nous confieraient sans doute un certain mal-être, une petite déprime saisonnière au moment des campagnes. Car à chaque fois qu'ils pointent le bout de leur courbe, les voici raillés, méprisés, dénigrés. En particulier, bien sûr, par les candidats en queue de peloton. 

Dernier exemple ce week-end avec Gaspard Gantzer, ex-conseiller communication de François Hollande et candidat aux élections municipales à Paris. Dans un sondage IFOP-Fiducial pour le JDD, il est crédité de 1% des voix. 

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Riposte immédiate, sur Twitter : Gantzer se montre en train d'éclater de rire. "Les sondages je m'en tamponne", écrit-il, avant de promettre de "déjouer les pronostics". Grand classique de contester le thermomètre quand la température vous déplaît. 

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Jean-Luc Mélenchon ne fait pas autre chose. Prompt à diffuser les études qui lui sont favorables, il fulmine bien vite contre les sondages qui le donnent en baisse. 

Pendant les européennes, agacé par les 8% dont le créditaient IFOP, IPSOS, BVA et consorts, il avait même annoncé la création d'un institut de sondage "maison", interne à la France insoumise. 

Épilogue ? Le parti a péniblement atteint 6% dans les urnes et l'on n'a plus jamais entendu parler de ce mystérieux "institut maison". Interrogé sur son rapport aux sondages par Laurent Ruquier en avril 2017, Jean-Luc Mélenchon avait répondu ceci :

"Je suis comme tout le monde. Quand j'ouvre le journal, il m'arrive de lire l'horoscope. S'il est bon, j'y crois. S'il n'est pas bon, je me dis "c'est des bêtises !" 

Amour et haine des cotes de popularité. Rapport passionnel à ces chiffres quotidiennement égrenés. Cette contradiction n'est pas neuve, mais elle a pris un tour nouveau ces dernières années. A mesure qu'il est devenu de bon ton de dénoncer "l'élite", "la caste", "le système", et donc les sondeurs. 

L'exemple le plus frappant fut sans doute celui de Nicolas Sarkozy en 2012. Dans chaque meeting, des piques envoyées aux instituts de sondages, qui voudraient faire l'élection à la place du peuple, dénonçait-il. Cela, c'était côté jardin. 

Côté cour, le même Nicolas Sarkozy venait de passer un quinquennat de consommation frénétique de sondages. L'enquête pour favoritisme déclenchée ensuite a permis d'en saisir l'ampleur. Et avec elle, le double discours.

"Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé"

Cela dit, les responsables politiques ont-ils toujours tort dans leur dénonciation de l'emprise des enquêtes d'opinion ? Non, bien sûr. 

Un sondage "à l'instant T" n'est jamais prédictif du résultat final. Encore moins à six mois des élections municipales. 

D'ailleurs à cette période de 2016 (en septembre), un certain Emmanuel Macron était donné éliminé dès le premier tour. 

Par ailleurs, il ne faut pas sur-intérpréter leur signification. Combien de citoyens, en ce moment, ont déjà la tête aux municipales, ont déjà examiné les propositions et observé les candidatures ? En dehors du monde journalistico-politique, pas grand monde. 

Le paradoxe, c'est que ces études d'opinion du mois de septembre, aux résultats encore fragiles, sont déterminantes, car elles vont conditionner dans les semaines à venir les ralliements - sur quel cheval miser -  et surtout les financements. 

Pour les municipales, l’État ne rembourse les frais de campagne qu'aux candidats qui atteignent 5% des voix au premier tour. Difficile d'obtenir un prêt bancaire pour vos affiches et pour vos tracts si les sondages vous cantonnent à un rôle de figurant. 

Ou pour le dire comme l'horoscope : attendez-vous à des difficultés sur le plan financier. 

Frédéric Says

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