Ziad Takieddine le 12 avril 2013 accuse Nicolas Sarkozy
Ziad Takieddine le 12 avril 2013 accuse Nicolas Sarkozy
Ziad Takieddine le 12 avril 2013 accuse Nicolas Sarkozy ©AFP - JACQUES DEMARTHON
Ziad Takieddine le 12 avril 2013 accuse Nicolas Sarkozy ©AFP - JACQUES DEMARTHON
Ziad Takieddine le 12 avril 2013 accuse Nicolas Sarkozy ©AFP - JACQUES DEMARTHON
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Résumé

La démocratie est chahutée. L'idée née il y a 25 siècles a du plomb dans l'aile, aux Etats-Unis, en Russie et ailleurs. En France, la démocratie est sur des sables mouvants... libyens, Ludovic Piedtenu.

avec :

Ludovic Piedtenu (Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture).

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En librairie, ces jours-ci, une nouvelle vague d'essais sur la démocratie déferle, essais parmi lesquels celui de Raffaele Simone "Si la démocratie fait faillite" chez Gallimard. Selon lui, le concept bat de l'aile parce qu'il est fondée sur des principes utopiques. Et il y a dit-il aujourd'hui, non sans ironie, "un modèle possible de démocratie moderne, c'est celle de Poutine. A laquelle Trump répond parfaitement. Et ils commencent déjà à s'aimer", disait hier le linguiste et philosophe italien que nous recevions dans La Grande Table.

"La démocratie russe n'est pas une démocratie au sens propre, explique ce professeur. Poutine est figurativement élu par le peuple mais il est presque un personnage dictatorial. L'autre cas, aux Etats-Unis, c'est bien l'emploi d'une démocratie, mais d'une démocratie tout à fait particulière. Le système électoral américain est, dit-il, la chose la plus baroque, la plus tordue, la plus folle qui soit parce que les citoyens peuvent avoir l'impression de voter pour le Président mais ils ne votent que pour des grands électeurs."

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On peut donc, comme ce fut le cas il y a une semaine pour Hillary Clinton obtenir la majorité des votes mais ne pas être élue. Pourtant, on parle bien des Etats-Unis, comme d'une démocratie. Ecoutez, c'était hier soir depuis Marrakech à la COP 22, le Président français, François Hollande, répondait aux questions de France 24, RFI et TV5 Monde.

François Hollande - Itw à RFI, France 24 et TV5 Monde

15 sec

Faire avec les Etats-Unis de Donald Trump. Un pays, "l'Amérique qui depuis sa naissance incarnait la démocratie" écrit à dessein à l'imparfait Dominique Moïsi, spécialiste des relations internationales dans une chronique publiée avant-hier dans les Echos.

Pour lui, s'ouvre une nouvelle période, une nouvelle phase, pour les Etats-Unis et pour l'ordre international. Et au-delà de la crise de légitimité de l'Amérique, il y a l'affaiblissement de la démocratie tout court. L'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche ne peut être perçue que comme la confirmation du passage du flambeau de l'Histoire, de l'Occident vers l'Asie, du modèle démocratique vers les modèles autoritaires.

Voilà donc cet état gazeux, cet état instable dans lequel nous sommes. Il faut apprendre à faire avec des presque-démocraties et des non-démocraties en s'interrogeant nous-mêmes sur ce que nous sommes. Car hier, enfin, que n'a pas encore dit le sulfureux intermédiaire, serviteur de l'ombre de l'Etat français depuis plus de deux décennies, Ziad Takieddine, à nos confrères de Mediapart.

Ziad Takieddine - Interview à Mediapart

49 sec

La nôtre de démocratie a connu un système mafieux selon les accusations de Ziad Takieddine. Avec Nicolas Sarkozy à sa tête. Et Jacques Chirac avant lui. Car si l'ex-homme d'affaires précise ici le transport de trois valises d'argent fin 2006-début 2007 à Nicolas Sarkozy lui-même, une fois, et deux fois à Claude Guéant, alors directeur de cabinet du Ministre de l'intérieur pour un total de 5 millions d'euros, il fournit des détails renforçant ses précédentes accusations de financement de la campagne électorale de 2007 par la Libye du grand démocrate Mouammar Kadhafi. Sans oublier de rappeler, je le cite, "ce qu'il a vu depuis 1993 jusqu'à aujourd'hui".

Il y a plus de 20 ans, il fallait financer une autre campagne électorale, celle de 1995, celle du clan Balladur. Et déjà cités dans cette affaire instruite par la justice, des collaborateurs des ministres de l'époque François Léotard et Nicolas Sarkozy.

Takkiedine
Takkiedine
© Radio France

Ces deux grands dossiers font travailler les juges. Pour l'accusation la plus récente, le financement de la campagne de 2007, depuis 3 ans. Les juges d'instruction du pôle financier de Paris disposent de plusieurs témoignages et pas seulement celui de Ziad Takieddine, mais aussi ceux de hauts responsables libyens qui accréditent cette thèse.

La recherche de la preuve dans notre système prouve que l'on est encore, fort heureusement, même si tout est loin d'être parfait, dans une démocratie et dans un Etat de droit. Et que tout n'est pas pourri.