L'installation d'un drapeau européen sous l'Arc de triomphe a déclenché une vive controverse.
L'installation d'un drapeau européen sous l'Arc de triomphe a déclenché une vive controverse.
L'installation d'un drapeau européen sous l'Arc de triomphe a déclenché une vive controverse. ©AFP - Julien de Rosa
L'installation d'un drapeau européen sous l'Arc de triomphe a déclenché une vive controverse. ©AFP - Julien de Rosa
L'installation d'un drapeau européen sous l'Arc de triomphe a déclenché une vive controverse. ©AFP - Julien de Rosa
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Résumé

L'installation d'un drapeau européen sous l'Arc de triomphe a déclenché un débat musclé parmi les candidats à la présidentielle.

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Douze étoiles en cercle, sur un fond bleu : le drapeau européen est censé symboliser, d'après ses concepteurs, la solidarité et l'union.

Deux valeurs bien mises à mal ce week-end dans le débat franco-français, précisément à propos de cet étendard.

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Alors si jamais vous aviez encore la tête au réveillon, voici un rapide résumé.

La polémique se déclenche avec l'installation de ce large drapeau européen sous l'Arc de triomphe, à Paris.

Cela pour marquer le début de la présidence française de l'Union européenne.

"Une provocation", réagit immédiatement Marine Le Pen. Pour la candidate du RN, cette bannière qui flotte au dessus de la tombe du soldat inconnu, je cite, "offense ceux qui se sont battus pour la France".

Eric Zemmour renchérit et dénonce un "outrage" ; tandis que Valérie Pécresse, à droite, accuse le gouvernement d' "effacer l'identité française".

A gauche, les réactions sont plus contrastées. Les écologistes et les socialistes affichent leur soutien à l'idéal européen. Certains responsables pavoisent même leur compte twitter avec la bannière bleue.

En revanche, la France insoumise rejette l'initiative. Une "faute", estime le député LFI Bastien Lachaud, qui ajoute, je cite : "le soldat inconnu n'est pas mort pour Bruxelles".

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De son côté, l'exécutif explique que le drapeau européen n'a pas "remplacé" l'étendard français sous l'arc de triomphe, pour la bonne raison que le drapeau tricolore n'y est pas déployé d'habitude, sauf pour les grandes cérémonies comme le 11-Novembre.

Le drapeau européen a finalement été décroché dans la nuit de samedi à dimanche.

Voici donc pour cette polémique de campagne. La première de 2022, il n'aura pas fallu attendre longtemps.

Une polémique insignifiante, selon vous ?

Eh bien pas tout à fait. Certes, on peut être atterré par le niveau des mises en cause. On peut être dubitatif, aussi, quant au sens des priorités, avec ce débat qui ressemble à celui sur le sexe des anges...

Pour autant, cette controverse est intéressante si l'on va au-delà des arguties. Elle nous donne l'occasion de creuser dans les programmes présidentiels.

Que disent les candidats sur la question européenne ? Et on discerne là, sur le fond, quelques évolutions.

Évolution la plus notable : plus personne ne propose une sortie de la zone euro, en tout cas parmi les candidats majeurs.

Pas même Marine Le Pen, qui défendait encore cette idée il y a cinq ans.

Eric Zemmour, lui aussi jadis hostile à la monnaie unique, écarte un retour au franc.

C'est sans doute trop risqué dans les urnes. Le polémiste reconnaît d'ailleurs qu'il craint de diviser ses électeurs sur la question européenne.

Dans les sondages, l'électorat âgé - celui qui vote le plus -, se dit très attaché à la construction européenne.

Voilà pourquoi la sortie de l'euro est une proposition qui s'est dévaluée, au fil des ans, pour rester dans le champ lexical de la monnaie.

Même constat sur le Frexit, la sortie de l'Union européenne : il n'en est plus question. En 2017, Marine Le Pen promettait aux Français un référendum à ce sujet. Proposition désormais introuvable au Rassemblement national, comme chez l'ensemble des candidats ayant une chance de l'emporter.

Bien sûr, nombre de programmes présidentiels promettent une confrontation, parfois dure, avec Bruxelles.

"Les parlements nationaux doivent avoir le dernier mot face aux normes européennes", soutient par exemple le communiste Fabien Roussel.

Mais la sortie sèche de l'Union n'est plus évoquée, telle quelle, par exemple, chez Jean-Luc Mélenchon.

En 2017, il la brandissait comme une menace, le fameux "plan B", en cas d'échec de la renégociation des traités. Ce vocable a disparu et a été remplacé par la promesse d'un bras-de-fer avec les institutions ; une désobéissance ("opt-out") à certaines règles.

Bref, dans la grande auberge qu'est l'Union européenne, il s'agirait de choisir à la carte, et non plus de claquer la porte.

D'autres propositions recueillent même l'unanimité de tous les candidats, comme la taxe carbone aux frontières de l'Europe, ou bien l'assouplissement des contraintes budgétaires, qu'on appelle parfois la règle des 3%.

En somme, il existe toujours des disparités, des divergences, mais le débat est moins binaire ("dedans ou dehors") qu'en 2017. L'éventail des propositions s'est resserré. Le clivage existe mais il est devenu moins béant.

Derrière les postures, l'Europe est un sujet en réalité plus... consensuel qu'il y a cinq ans.

Frédéric Says

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