Emmanuel Macron en visite sur le site Alsachimie le 17 janvier 2022.
Emmanuel Macron en visite sur le site Alsachimie le 17 janvier 2022.
Emmanuel Macron en visite sur le site Alsachimie le 17 janvier 2022. ©AFP - Benoit Teissier
Emmanuel Macron en visite sur le site Alsachimie le 17 janvier 2022. ©AFP - Benoit Teissier
Emmanuel Macron en visite sur le site Alsachimie le 17 janvier 2022. ©AFP - Benoit Teissier
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Résumé

Le gouvernement mène la grande offensive, ces jours-ci, pour défendre son bilan économique.

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Si vous n'aimez pas les chiffres, la période risque de vous déplaire. Ces jours-ci, l'exécutif affiche partout son bilan économique. 

Emmanuel Macron a annoncé hier 4 milliards d'euros d'investissements nouveaux étrangers en France. Le chef de l’État s'est aussi félicité que la France compte désormais 25 licornes, c'est à dire 25 « jeunes entreprises » valorisées chacune plus d'un milliard de dollars. 

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Le ministère des Finances n'est pas en reste dans cette communication tous azimuts. Hier, Bruno Le Maire s'est réjoui du nombre de créations d'entreprises l'an dernier, 1 million. 

Tandis que son collègue, ministre des comptes publics, Olivier Dussopt, claironnait dans le Journal du dimanche deux bonnes nouvelles : la croissance est plus forte que prévu et le déficit public est plus faible qu'attendu.

Il est vrai que l'activité économique s'est rétablie plus vite en France qu'en Allemagne ou qu'au Royaume-Uni. Voici donc une offensive coordonnée, à moins de trois mois du premier tour de la présidentielle. Le message de l'exécutif est simple : sur l'économie, nous n'avons pas à rougir de notre bilan.

La réalité est évidemment plus complexe que cela...

Avec des ombres au tableau, ou plutôt au tableur excel. 

2/3 des créations d'entreprises sont en fait des créations d'auto-entreprises, un statut précaire et pas toujours durable. Même si par ailleurs, la part des CDI dans la totalité des embauches progresse. 

Par ailleurs, le gouvernement oublie un chiffre, celui du commerce extérieur.   C'est le vrai point noir : 78 milliards d'euros de déficit sur les douze derniers mois, un record, ce qui signifie que nous importons beaucoup plus que nous n'exportons. A l'inverse de pays comme l'Allemagne et de l'Italie.

Pourquoi le gouvernement insiste-t-il sur l'économie ? 

D'abord, c'est l'un des points forts d'Emmanuel Macron, dans les sondages, dans les enquêtes qualitatives. 

Moins bien placé sur l'écologie ou la sécurité, le président sortant est perçu comme le plus crédible sur le terrain économique. L'exécutif cherche donc à mettre cet aspect en lumière.   Brandir le chiffre de la croissance, l'un des meilleurs de la zone euro, c'est aussi jeter une pierre dans le jardin des candidats pessimistes. Contredire ceux qui pensent que la France est fichue.   En somme, la stratégie est de faire décliner les déclinistes. 

D'autre part, c'est l'un des acquis politiques de la crise sanitaire. Le « quoi qu'il en coûte ». Mesure de soutien et de relance keynésienne, globalement approuvée. 

"Lequel de mes concurrents aurait fait mieux sur ce point ?" Voici le message subliminal que tente de faire passer Emmanuel Macron. 

L'autre point sur lequel le gouvernement se flattait de sa gestion, à savoir le maintien des écoles ouvertes, est devenu plus friable politiquement. La grève dans l'éducation nationale, la semaine dernière, a montré qu'il serait présomptueux, pour le moins, d'en faire un argument de campagne. 

Alors tout pour l'économie ces jours-ci ! On croirait entendre les stratèges de Bill Clinton en 1992, « it's the economy, stupid ». Version américanisée du dicton « quand le bâtiment va, tout va ».  Mais en politique, est-ce si vrai ? 

On a beaucoup évoqué l'année 2002, ces jours-ci, avec la candidature de Christiane Taubira. En 2002, Lionel Jospin jouissait d'un bilan économique enviable, on l'a dit et répété. Baisse du chômage, baisse des déficits, commerce extérieur en pleine forme. Et chacun sait ce qu'il advint. 

Un débat présidentiel ne peut pas porter seulement sur des chiffres, sinon il est inintelligible. 

Un débat présidentiel ne peut pas porter seulement sur le passé, sinon il est inintéressant. Il lui faut de l'humain et des perspectives. 

Le bilan économique, pour être réélu, est nécessaire mais pas suffisant. Une campagne, ce sont... des chiffres et des êtres.

Frédéric Says

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