Parti socialiste : peut-on mourir plusieurs fois ?

Nicolas Mayer-Rossignol et Olivier Faure revendiquent tous deux la victoire au sein du Parti socialiste
Nicolas Mayer-Rossignol et Olivier Faure revendiquent tous deux la victoire au sein du Parti socialiste ©AFP - JOËL SAGET, STEFANO RELLANDINI / AFP
Nicolas Mayer-Rossignol et Olivier Faure revendiquent tous deux la victoire au sein du Parti socialiste ©AFP - JOËL SAGET, STEFANO RELLANDINI / AFP
Nicolas Mayer-Rossignol et Olivier Faure revendiquent tous deux la victoire au sein du Parti socialiste ©AFP - JOËL SAGET, STEFANO RELLANDINI / AFP
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Le Parti socialiste n'en finit pas de se déchirer. Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol se disputent la tête du parti. Le PS peut-il survivre à cette nouvelle crise ?

Quand nous serons morts, nous serons... vraiment morts. Nous ne pourrons pas nous relever. Mais le Parti socialiste, lui, meurt régulièrement. Et depuis quelques jours, les électeurs de gauche assistent bien à une nouvelle agonie du PS. Est-ce la dernière ?

Après l’échec de Benoît Hamon en 2017, après l’effondrement d’Anne Hidalgo l’an dernier, le parti de François Mitterrand s’offre le luxe d’une nouvelle bataille fratricide - une bataille pour la tête du parti : Olivier Faure contre Nicolas Mayer-Rossignol. Le premier secrétaire sortant s’est proclamé vainqueur avant même les résultats officiels. Ce matin, son concurrent, le maire de Rouen, dénonce des fraudes. Aucun des deux hommes ne devance clairement l’autre. Selon le Parti socialiste, le premier a obtenu 51,09 % des voix, le second 48,91 %. Leurs partisans se déchirent. Ils ne veulent rien céder, et le parti s’approche un peu plus de la tombe.

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Est-ce si grave ? Le PS a l’habitude de frôler la mort. En 1990, au congrès de Rennes, Laurent Fabius et Lionel Jospin se déchiraient. En 2008, au congrès de Reims, Martine Aubry et Ségolène Royal se livraient une bataille sans pitié. Le PS semblait au bout de sa vie. Pourtant, quatre ans après, François Hollande entrait à l’Elysée. Chacun peut répéter la fameuse formule de Jean-Paul Sartre, dans la préface du livre de Paul Nizan, Aden Arabie : "La Gauche, ce grand cadavre à la renverse, où les vers se sont mis". C’était en 1960. Depuis, la gauche n’a pas cessé de mourir, mais à chaque fois, elle a réussi à renaître.

Une mort de trop ?

Cette nouvelle bataille est-elle une mort de plus ou une mort de trop ? Voilà la question. La situation a énormément changé. Ces dernières années, le Parti socialiste s’est atrophié. Savez-vous combien de militants ont voté la semaine dernière ? 23.527 ! En 2008, le PS revendiquait encore 230 000 adhérents.

Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, il n’a plus que trente députés. Sa structure a changé. Localement, il est encore puissant. Des maires de grandes villes sont et restent socialistes. À Paris, à Marseille, à Rennes, à Nantes, à Lille, à Nancy… Mais cette force est aussi sa limite. De plus en plus, le PS est un parti d’élus locaux, et plus un grand parti militant.

Il survit à l’ombre de celui qui a pris la tête de la gauche : Jean-Luc Mélenchon. D’ailleurs, le fondateur de La France insoumise avait quitté le PS en 2008, au moment du congrès de Reims, accablé par l’évolution de son parti. Quinze ans après, La France insoumise est un mouvement fragile, qui se déchire lui aussi, mais c’est bien lui qui mène le combat à gauche. Qui se préoccupe encore du Parti socialiste, de son agonie ou de sa survie ? Il y a quelques semaines, le journaliste Olivier Pérou a publié un livre que je vous recommande, une enquête policière sur le PS : Autopsie du cadavre. Comme un médecin légiste, il dresse un constat : "Il ne reste plus grand monde pour pleurer".

Au-delà de la stratégie

Le Parti socialiste continue à creuser sa tombe, avec acharnement. Ses dirigeants se bagarrent autour de la fosse. Mais les socialistes savent-ils au moins ce qui les oppose ? La stratégie, au moins, sans aucun doute. Faut-il approfondir la NUPES, renforcer l’alliance avec La France insoumise ? Olivier Faure le veut ; Nicolas Mayer-Rossignol le refuse. Ce point est important ; il faut le trancher. Mais ça ne suffit pas. Être pour l’union ou contre l’union ne constitue pas un programme.

Le Billet politique
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Le projet de réforme des retraites est présenté aujourd’hui en Conseil des ministres. Le Parti socialiste va-t-il le combattre ? Ou va-t-il se combattre, encore une fois ? A la fin de la semaine, le congrès du PS aura lieu à Marseille. Un congrès ou un enterrement ? Le Parti socialiste veut-il continuer à vivre ?

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