Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, au stade Léo-Lagrange de Poissy (Yvelines) pour les 50 ans du Variétés Club de France, le 14 octobre 2021
Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, au stade Léo-Lagrange de Poissy (Yvelines) pour les 50 ans du Variétés Club de France, le 14 octobre 2021 ©AFP - LUDOVIC MARIN / AFP
Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, au stade Léo-Lagrange de Poissy (Yvelines) pour les 50 ans du Variétés Club de France, le 14 octobre 2021 ©AFP - LUDOVIC MARIN / AFP
Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, au stade Léo-Lagrange de Poissy (Yvelines) pour les 50 ans du Variétés Club de France, le 14 octobre 2021 ©AFP - LUDOVIC MARIN / AFP
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A quelques heures de cette Coupe du monde si critiquée, Emmanuel Macron demande qu'on arrête de "politiser le sport".

Emmanuel Macron est formel : "Il ne faut pas politiser le sport". Ne mélangeons pas le sport qui est si pur, porteur de belles valeurs, de générosité, de rassemblement, un monde sympathique… et la politique, si sale, qui charrie tant de polémiques, de divisions entre les peuples. Ces deux domaines, le sport et la politique, n’ont rien à voir. Jamais. Oui, cette Coupe du monde de football, au Qatar est très critiquée, sur le plan social, environnemental, mais il ne faut pas “politiser le sport”. J’arrête là l'ironie... Pour éviter de se retrouver coincé, au dernier moment, face à une Coupe du monde embarrassante, il vaut mieux se réveiller avant, par exemple au moment de choisir le pays qui va accueillir la compétition. Le président de la République le souligne, et il a raison. Mais arrêtons de dire qu’il ne faut pas politiser le sport. Toute l’histoire des grandes compétitions est pétrie de politique, depuis les Jeux Olympiques de l’Allemagne nazie, à Berlin, en 1936, jusqu’à la dernière Coupe du monde de football, en Russie, en 2018.

Les dirigeants politiques se servent de ces grands événements, pour unir leurs populations, et pour asseoir leur rayonnement à l’étranger. Pourquoi croyez-vous que le Qatar a tout fait pour organiser la Coupe du monde ? Uniquement à cause de sa passion pour le ballon rond ? La politique contamine le sport, et le sport contamine la politique. Ça peut aller loin. Prenez un événement qui n’a rien à voir : l’incendie de la cathédrale Notre Dame en 2019. Quand doit-elle absolument rouvrir, au moins symboliquement ? En 2024, pour les Jeux Olympiques à Paris. La cathédrale a une histoire millénaire. Rien ne justifie cet empressement, sauf l’impératif politique. Le chef de l’Etat veut remplir les stades en même temps qu’il rouvrira la cathédrale.

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Une opinion plus vigilante

Cette Coupe du monde est à part. Elle est beaucoup plus critiquée que d'autres compétitions, pour deux raisons au moins. D’abord, parce qu’elle est plus critiquable encore que d’autres événements sportifs. Sur le plan environnemental, avec ses stades climatisés - une aberration écologique ; nous sommes en pleine conférence internationale sur le climat, la Cop 27. Désastre social ; des centaines, voire des milliers d’ouvriers sont morts sur les chantiers du Qatar. Concession à un régime autoritaire, où l’homosexualité est illégale. Et, enfin, soupçon de corruption dans l’attribution de cette Coupe du monde, en 2010. En France, deux juges d’instruction enquêtent en ce moment. Ils s’interrogent notamment sur le rôle de Michel Platini et sur celui de Nicolas Sarkozy, à l'époque président de la République. La politique n’est jamais loin des stades.

Pour expliquer cette avalanche de critiques, il y a une deuxième raison. Nous sommes, collectivement, beaucoup plus attentifs à tout ce qui entoure le sport, et donc au cadre politique. C’est une excellente nouvelle, et elle n’empêche personne de se passionner pour le parcours des Bleus, ou des autres équipes d’ailleurs. On peut à la fois aimer le foot, la planète et les droits de l’homme.

Les dirigeants voient cette évolution. Ils essaient de trouver leur place. Ils suivent l’opinion, en soutenant l’équipe de France, mais sans trop s’exposer. La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, ira au Qatar seulement les Tricolores accèdent aux quarts de finale. Le président de la République, lui, ne prendra l’avion que si les Bleus vont plus loin encore, en demi-finale ou en finale. Il se prépare. Si la France remporte une troisième fois la Coupe du monde, soyez en sûr, il sera là !