Meeting politique de Valérie Pécresse le 13 février 2022 au Zénith de Paris
Meeting politique de Valérie Pécresse le 13 février 2022 au Zénith de Paris ©AFP - Alain JOCARD
Meeting politique de Valérie Pécresse le 13 février 2022 au Zénith de Paris ©AFP - Alain JOCARD
Meeting politique de Valérie Pécresse le 13 février 2022 au Zénith de Paris ©AFP - Alain JOCARD
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Les équipes de campagne accordent une importance considérable aux meetings politiques en vue de l'élection présidentielle. Ils sont l'un des principaux outils de mise en valeur médiatique de leur candidat.

Deux des principaux candidats à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse, ont tenu, hier, chacun de leur côté, un meeting politique.

L’un s’est révélé plutôt réussi, celui de Jean-Luc Mélenchon, à Montpellier, devant une salle de 8 000 personnes. Il a une nouvelle fois montré qu’il connait sa partition et s’est présenté comme le candidat du peuple contre les riches et les puissants :

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Vous vous rappelez quand ils vous disent - "Ca ne peut pas continuer comme ça". "Il faut réduire le déficit de l'Etat, Monsieur Mélenchon". - "Oui, j'en suis d'accord". "C'est vous autres, les puissants, qui allez le combler"...

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Montpellier ce dimanche 13 février 2022.
Jean-Luc Mélenchon en meeting à Montpellier ce dimanche 13 février 2022.
© Maxppp - Sylvie Cambon / Le Midi Libre

Valérie Pécresse avait, quant à elle, réuni un nombre de militants à peu près équivalent, environ 7000 personnes au Zénith de Paris.

Là aussi, la salle lui était acquise et elle a joué sa partition, se présentant comme la candidate de l’ordre, de la sécurité et de la responsabilité économique. Mais dans cet exercice tribunitien, elle s’est montrée nettement moins convaincante :

La France, je l'aime corps et biens. Plus je la parcours et plus je sens monter en moi une impatience. Celle de voir notre nation retrouver cette force qui appartient aux nations gagnantes.  Cette force, je l'ai en moi.

La candidate de “Les Républicains” n’a pas su s’extraire d’un discours écrit pour elle. Et durant le temps qu’a duré sa prestation, une heure et vingt minutes, elle n’a que très rarement su trouver des accents de sincérité.

Il est difficile à ce stade d’en tirer des enseignements et d’évaluer les conséquences que pourrait avoir dans l’opinion cet exercice en partie manqué. La suite de la campagne le dira.

Mais on peut tout de même noter que ce rendez-vous était présenté comme particulièrement important par l’équipe de Valérie Pécresse. Et on peut plus globalement s’intéresser à l’importance des meetings pour les candidats à l’élection présidentielle.

Un évènement avant tout médiatique

Dans un contexte de personnalisation du pouvoir généré par l’élection du président au suffrage universel, ils sont essentiels car ils offrent l’opportunité, à un candidat, de se mettre en avant et de se présenter aux électeurs. C’est à cette occasion qu’on lui demande de dire qui il est, de “fendre l’armure” pour reprendre une expression fréquemment utilisée.

C’est d’ailleurs l’exercice auquel tenta de se livrer Valérie Pécresse, hier après-midi, tout comme le fit Marine Le Pen, le week-end précédent, lors de sa première grande réunion publique de campagne à Reims.

Le meeting a aussi cet avantage qu’il permet à un candidat d’être à la fois dans la proximité et de s’adresser à un très grand nombre d'électeurs potentiels. Il est dans la proximité parce qu’il s’adresse à une salle et à des personnes qui se trouvent devant lui. Il y a donc une interaction et une émotion qui se dégage.

Mais cette interaction et cette émotion peuvent être perçues par un très grand nombre de personnes du fait que les meetings sont télévisés. Ils sont même aujourd’hui diffusés et repris sur tout un tas d’autres supports, les réseaux sociaux en particulier.

Le meeting de Jean-Luc Mélenchon, hier, par exemple, était simultanément diffusé sur Twitch, une application particulièrement prisée par les jeunes. Il y a donc un effet démultiplicateur qui fait qu’un meeting est avant tout un évènement médiatique.

Le meeting permet de faire la publicité d'un candidat

C’est l’avènement de la télévision et sa diffusion dans les foyers qui ont donné leur importance aux meetings et qui ont même façonné ce qu’ils sont aujourd’hui. A partir de 1981, ils sont entièrement conçus en fonction de l’image qu’on en voit à l’écran. Tout est scénarisé et ritualisé.

Le candidat arrive au milieu de la foule sur une musique stimulante et entrainante. Des accessoires sont distribués aux participants, par exemple des petits drapeaux qu’ils peuvent agiter pour manifester leur enthousiasme. Et les organisateurs choisissent systématiquement une salle d’une plus petite capacité que le nombre de personnes attendues pour accentuer l’effet de masse.

Alors à quoi servent-ils ? D'abord à galvaniser les partisans d’un candidat, à donner l’impression d’une forte mobilisation autour de lui. C’est une démonstration de force un meeting.

Ensuite, ils doivent faire émerger une idée forte et frappante, comme un slogan, pour créer un effet d’entrainement. Ce fut, par exemple, le slogan “mon ennemi c’est la finance” asséné par François Hollande au meeting du Bourget, en 2012.

Les meetings sont donc, en quelque sorte, ce qui permet de faire la publicité d’un candidat. C’est la raison pour laquelle ils ont pris plus d’importance encore à partir de 1990 et la loi de Michel Rocard qui a interdit la publicité politique. Dès lors, ils sont devenus un outil essentiel et moteur d’une campagne électorale.

C’est la raison pour laquelle les candidats y consacrent des sommes considérables. Ils sont même, pour les grands candidats, ce qui constitue le poste de dépenses le plus important dans une campagne. C’est la multiplication des meetings qui a conduit Nicolas Sarkozy en 2012 à exploser le plafond autorisé et qui est à l’origine de l’affaire Bygmalion.

On mesure donc l’importance qu’ils ont aujourd’hui acquise. C’est d’ailleurs, en partie, sans doute, parce qu’à cause de la crise sanitaire, il y avait eu jusqu’ici très peu de meetings que nous avions collectivement le sentiment que la campagne électorale n’avait pas véritablement démarré.

L'équipe